Casseurs Flowters Pas N’Importe Quel Toon

[Gringe:]

Maestro Skread, envoyez les trompettes

Enfant “retard” j’suis comme Corky, j’ai le cerveau qui baigne dans la colle

Ça fait des mois que je suis pas sorti, j’médite dans des vapeurs d’alcool

Toujours une main dans son shorty, parce que j’aime bien quand mes doigts collent

J’vis en apnée comme un snorky, c’est l’aquarium dans la bagnole

J’mets pas de capote quand je fourre ta sœur, car elle est contre l’IVG

J’aime faire des blagues un peu comme le schtroumpf farceur, j’délivre des colis piégés (Boum)

J’délivre des colis piégés (Boum), j’délivre des colis piégés (Boum)

C’est l’retour des Casseurs Flowters, big-up aux débiles légers

Musique et jeux vidéo, j’suis un ado, comme Scott Pilgrim

Faut aller jouer dehors tant qu’il fait beau, j’m’en bats les couilles, j’matte des streamings

J’crois qu’il m’manque des cases comme dans Billie Jean, ma meuf est bonne, j’ai peur de finir gouine

Bah ouais, c’est l’kiff mais j’ai aussi d’l’amour pour les MILF, grand-mère sait faire une bonne cyprine

Oui j’suis débile débile débile, la folie atteint son climax

Comme dans Benny Hill Benny Hill Benny Hill, un spliff de weed, un bol de Smacks

J’suis rat des villes des villes des villes, Ratzo avec une paire d’Air Max

Et j’te vole tes billes tes billes tes billes, Gringe il a signé des Contrax

J’finis la soirée sous tise et j’articule comme Simple Jack

On est les dignes héritiers des Goonies, pas des enfants de Timpelbach

Je regarde mes films préférés sur Youjizz, clique sur Avnier y’a les meilleurs goodies

J’envoie les punch et je regarde pas où je vise, en featuring, on plie leurs tracks (Boum)

Mulet à la Bernard Minet, collier avec une dent d’requin

Le guacamole est tartiné, je suis content j’ai le ventre plein

J’ai aucun centre de gravité, ma meuf gueule parce que j’branle rien

Si le langage t’est familier, tu peux faire les backs dans le refrain

[Orelsan:]

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

Survêt’ remonté jusqu’au nombril, apprécie la poutrelle

Les Casseurs Flowters sont de retour dans ta ville, dédicace à nous même

J’ai proposé un plan à 3 pour ma chérie depuis j’ai pas de nouvelle

Elle veut pas comprendre qu’j’ai fait ça pour elle, va falloir annuler la roumaine

Casseurs Flowters, rappeurs, rockeurs, harders, lovers, quoi d’neuf docteur ?

Comment ça va ? Moi, pas si mal, tant que j’écoute pas les voix qui me parlent

J’ai plus d’érection matinale, j’vais peut-être me faire un tatouage tribal

Ah, j’plaisante pas, vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante

Pas vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante

Pas vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante

Pas vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante, pas !

Voilà la vengeance aux deux visages, le pire qui puisse arriver dans ton voisinage

IpMan quand je donne des cours de kickage, boules de pétanque dans ton double vitrage

Faites les soigner les gars s’en branlent à s’en péter l’poignet

J’débarque en bande alors appelez l’armée, joyeux loufoque alors appelez-moi Rei

J’suis vivant mais je suis caennais, matin-midi-soir : nouilles instantanées

Apprenti sorcier je viens passer le balai, je viens à tes funérailles avec des lunettes 3D

TTTTTTZKUAT, désolé j’ai dû m’endormir sur le clavier

Comment veux-tu que je me rappelle qu’on s’est parlé, je me rappelle à peine où j’me suis garé

J’mets les pieds dans le plat, A taptaptap ta panenka

Défends-toi on plaisante pas ! Vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante

Pas vraiment, ah, mais nan, ça dépend si tu crois qu’j’plaisante

Pas vraiment, ah, mais n…

[Gringe:]

Mais arrête maintenant !

[Orelsan:]

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

Pas n’importe quel Toon

[Orelsan & Gringe:]

Sors de là, sors de là, sors de là, sors de là

Sors de là, sors de là, sors de là, sors de là (Ils sont plein dans ma tête !)

Sors de là, sors de là, sors de là, sors de là

Sors de là, sors de là, sors de là, sors de là (Ils sont plein dans ma tête !)

Casseurs Flowters Quand Ton Père T’engueule

[Orelsan & son père:]

Pour des bonnes ou des mauvaises raisons, mon père m’a souvent crié dessus

Mais, quand il dit rien, c’est qu’il est vraiment déçu

Putain ! J’préfère qu’il gueule, le pire, c’est les silences

Tout c’qu’il crie sera pas aussi violent que tout c’qu’il pense

Quand t’es p’tit, tu crois qu’ce genre de truc s’arrête

Mais ton père t’engueuleras toute ta vie, t’as dix ans dans sa tête

Tu pues la gnôle, tu bois l’matin…

Question piège, pourtant, normalement, j’tiens l’alcool mais

(ah ouais), c’est la piémontaise

La piémontaise…

Là, il m’demande pourquoi j’suis pas normal

Dit qu’j’ai fait des études, j’suis pas censé descendre l’échelle sociale

Qu’est-ce qu’il a fait d’mal ? Est-ce qu’il m’a bien éduqué ?

C’est la faute de mes potes suspects, comme quand ils m’ont fait fumer

Tout c’que j’arrive à penser, c’est qu’j’ai mal au v…

Ah, oui, beh c’est bon !

C’est bon, calme toi, il a rien ton Mercos de merde, abruti !

Pourquoi les gens sont plus agressifs en voiture ?

Quand ils s’sentent en sécurité, ça fait sortir leur vraie nature

Tu vois c’que tu m’fais faire ?

Ça y est, c’est d’ma faute si tout va mal

J’voulais faire comme lui, me mettre un p’tit verre après l’travail

Ou plusieurs pendant, comme il faisait dans l’temps

J’travaille beaucoup mieux quelques grammes dans l’sang

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à faire semblant

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à encaisser l’rangement

Mais, bon, tout c’que j’dis sera retenu contre moi

J’ai juste à fermer ma gueule, avoir l’air coupable, jusqu’à c’qu’on s’revoit

On dirait qu’c’est la première fois qu’il s’rend compte que j’bois

Est-ce qu’il s’inquiète vraiment ou est-ce qu’il a juste honte de moi ?

Ça doit être un mélange de tout ça

Un peu comme mes mélanges d’alcool qui font qu’il est en train d’crier : “Pourquoi ?”

Il m’dit qu’j’me rends pas compte de la chance d’avoir autant d’chance

J’ai envie d’faire une blague, pas sûr que ça détende l’ambiance

Son plan était parfait, mon destin tracé depuis l’enfance

Il a juste oublié de m’demander c’que j’en pense

Après, c’est vrai qu’j’lui ai rien dit non plus

Que mon père m’engueule ou pas, j’lui ai jamais vraiment répondu

Tu sais comment on appelle les gens qui passent leur temps à picoler et à trainer dehors ?

Ok, j’vois où il veut en venir mais, pas si vite

J’veux bien rentrer dans son jeu, mais y’a quand même des limites

Il cherche à dramatiser alors que c’est qu’une petite cuite

Oh putain, celle-là, j’suis obligé d’la faire… des Inuits ?

Des clochards, Aurélien ! Clodos, cloches-bottes !

Quand ton père t’engueule, c’est toute ta vie qu’il remet en question

Tu peux avoir eu ton brevet, ton bac avec mention

Ton permis, une coupe du Monde, deux prix Nobel, ça changera rien

T’auras toujours le potentiel pour être un bon à rien

T’es responsable de tous les malheurs de la Terre

De la guerre, de la pluie, de la non-libido d’ta mère

Il m’dit qu’à son époque j’aurais connu la vraie vie

Celle où tu commences à travailler vers neuf ans et demi

Où, pour quitter tes parents, t’emmenais n’importe quelle femme à la mairie

En gros, il m’dit qu’il a grandi dans la p’tite maison dans la prairie

? trom trabélc nu emmoc etuor al ed drob ua essamar et’j’uq tuaf ,tnanetniam ,tE

On parle pas la même langue, dialogue de sourd, on pourra jamais s’entendre

Même si, au fond, j’pense pas qu’on s’en veuille, ce sera vite oublié

Enfin, jusqu’à la prochaine fois qu’mon père m’engueule

Casseurs Flowters 17h04 – Prends Des Pièces

[Orelsan:]

J’ai jamais voulu jouer les hippies

J’vis bien moins d’amour et d’eau fraîche que d’films de boules et d’whisky

J’parle pas d’éclater des truffes à midi

J’parle du minimum vital qui fait qu’à 16 ans, j’me suis dit :

“Va falloir être réaliste

Va falloir trouver des thunes avant d’devenir un vrai artiste !”

Prends des pièces

Prends des pièces

Prends des pièces

[Gringe:]

Les poulets défilent en barquette sur un tapis roulant

Pas besoin du brevet des collèges pour comprendre qu’ta vie fout le camp

Assis tout l’temps, t’as l’impression qu’le temps s’arrête

T’as qu’une seule pause pour pisser, donc tu fumes ta clope en cachette

Déplume, découpe, emballe, plastifie, trans-palette

Pour éviter d’craquer, pense à des trucs cools dans ta tête

Jusqu’au jour où cette question t’effleure l’esprit

Quelle différence entre ceux qui bossent à l’abattoir et les tueurs en série ?

Prends des pièces

Prends des pièces

[Orelsan:]

Téléphoner pour une banque sous un faux blase

Ou arnaquer les petits vieux, leur demander de cocher la bonne case

Refourguer des bagnoles d’occase

Claquer ta première paie dans un costard comme un pauvre naze, ou

Vérifier les prix, faire passer les codes barres

Supporter les plaintes pour les filles, les tchatches des connards, ou

Errer sur les trottoirs, donner des prospectus

Jeter la moitié, s’faire cramer, trouver des fausses excuses

Ah la poubelle ?

…Prends des pièces…

Il avait un couteau !

…Prends des pièces…

[Gringe:]

Plateforme d’appel, dernier recours quand t’as plus d’thunes

Tu t’manges huit heures d’oreillette par jour, t’as les tympans qui fument

Un client conflictuel, tout c’qui sort de sa bouche t’dégoûte

Impossible de craquer, ton boss surveille en double-écoute

Tu connais tes répliques sur l’bout des doigts

Bluff, rassure, mythonne, renvoie vers d’autres services quand tu sais pas

Tu finis ta semaine en léthargie

Tu veux plus jamais décrocher, ta meuf t’embrouille, t’es H24 sur messagerie

Bonjour, j’suis pas là, mais vous pouvez laisser un message !

…Prends des pièces

Prends des pièces…

[Orelsan:]

Tenter d’se faire respecter, leur faire leur plat préféré

Essayer d’endormir les sales gosses avec un DVD, ou

Enquêter, prospecter, télé-marketer

Avancer dans l’questionnaire sans qu’le sujet t’envoie péter, ou

Taffer d’9 à 5, déjeuner sur un tas d’déchets

Trier les plastiques parce que personne sait dans quel sac les jeter, ou

Visiter des sites avec des touristes arriérés

Réinventer l’histoire, l’important c’est qu’le client croit qu’cest vrai

Guillaume le Conquérant

…Prends des pièces…

Roi d’Égypte

…Prends des pièces…

800

[Gringe:]

Tu détalonnes les places de ciné

T’as l’air excédé parce que ça fait bientôt deux ans, et t’es toujours en CDD (J’VAIS TE TUER)

Entre deux séances, supportes une chef d’équipe bien chiante

Fais l’vide, empile les boîtes de pop-corn par cinquante

Tu vois pas l’bout d’la file d’attente, t’es coincé au point-vente

Une vieille te demande de quoi ça parle, t’as pas vu l’film : invente

Formule les mêmes phrases toute la journée, en mode binaire

Rentre chez toi fumé par le stress, enquille les somnifères

Bon film ! Bon film !

…Prends des pièces…

Bon film !

…Prends des pièces…

[Orelsan:]

Retourner des steaks, nettoyer des plaques huileuses

Hanté par l’odeur des graisses, le bip de la friteuse, ou

Décoller des chewing-gums sous des tables miteuses

Laver des classes ennuyeuses, équipé d’une shampouineuse, ou

Hurler beignets, guigui, churros chichis

Arpenter les plages, traqué par le soleil d’midi, ou

Supporter les cris, les coups, les bousculades, les guillis

Étouffer sous la chaleur d’un vieux costume de Winnie

[Orelsan & Gringe:]

Prends des pièces

Prends des pièces

Prends des pièces

Prends des pièces

[Orelsan:] – Ouais, moralité on a intérêt d’se concentrer sur cette putain d’sique-mu, si on veut pas retourner à tous ces jobs de merde… On fait quoi, on s’y met ?

[Gringe:] – Ouais, j’suis chaud

– Oh, les escaliers mon pote !

[Orelsan:] – Ça va les gars ou quoi ? Ça va Bouteille ? Ouais, cool et toi ? Ça va Clem ?

[Clem:] – Ouais ouais ça va mais Bouteille il est mort là, lui parlez pas ! Ramène-lui un verre d’eau ! Ramène-lui un verre d’eau ! Il est essoufflé, il peut plus là ! Il a plus d’salive ! Il a plus d’salive, il est sec

[Orelsan:] – Pourquoi vous avez couru ?

[Bouteille:] – C’est lui il…

[Clem:] – Mais c’est lui, il est toujours en compétition avec moi !

[Bouteille:] – Qui est arrivé avant?

[Clem:] – C’est moi !

[Orelsan:] – Non, vous êtes arrivés en même temps à peu près

[Bouteille:] – Il est fou, il est fou, j’cours plus vite qu’un loup

[Orelsan:] – Tu cours plus vite qu’un loup!?

[Clem:] – J’baise même mieux qu’un loup

[Gringe:] – Tu baises walou, ouais !

[Clem:] – Ouais c’est ça! Ah l’bâtard hahaha

[Bouteille:] – Vous faites quoi vous?

[Orelsan:] – On essaye d’écrire, on essaye de trouver un putain de thème mais on a bloqué, on retrouve toujours les mêmes idées. On est bloqués…

Casseurs Flowters Quand Ton Père T’engueule

[Orelsan & son père:]

Pour des bonnes ou des mauvaises raisons, mon père m’a souvent crié dessus

Mais, quand il dit rien, c’est qu’il est vraiment déçu

Putain ! J’préfère qu’il gueule, le pire, c’est les silences

Tout c’qu’il crie sera pas aussi violent que tout c’qu’il pense

Quand t’es p’tit, tu crois qu’ce genre de truc s’arrête

Mais ton père t’engueuleras toute ta vie, t’as dix ans dans sa tête

Tu pues la gnôle, tu bois l’matin…

Question piège, pourtant, normalement, j’tiens l’alcool mais

(ah ouais), c’est la piémontaise

La piémontaise…

Là, il m’demande pourquoi j’suis pas normal

Dit qu’j’ai fait des études, j’suis pas censé descendre l’échelle sociale

Qu’est-ce qu’il a fait d’mal ? Est-ce qu’il m’a bien éduqué ?

C’est la faute de mes potes suspects, comme quand ils m’ont fait fumer

Tout c’que j’arrive à penser, c’est qu’j’ai mal au v…

Ah, oui, beh c’est bon !

C’est bon, calme toi, il a rien ton Mercos de merde, abruti !

Pourquoi les gens sont plus agressifs en voiture ?

Quand ils s’sentent en sécurité, ça fait sortir leur vraie nature

Tu vois c’que tu m’fais faire ?

Ça y est, c’est d’ma faute si tout va mal

J’voulais faire comme lui, me mettre un p’tit verre après l’travail

Ou plusieurs pendant, comme il faisait dans l’temps

J’travaille beaucoup mieux quelques grammes dans l’sang

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à faire semblant

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à encaisser l’rangement

Mais, bon, tout c’que j’dis sera retenu contre moi

J’ai juste à fermer ma gueule, avoir l’air coupable, jusqu’à c’qu’on s’revoit

On dirait qu’c’est la première fois qu’il s’rend compte que j’bois

Est-ce qu’il s’inquiète vraiment ou est-ce qu’il a juste honte de moi ?

Ça doit être un mélange de tout ça

Un peu comme mes mélanges d’alcool qui font qu’il est en train d’crier : “Pourquoi ?”

Il m’dit qu’j’me rends pas compte de la chance d’avoir autant d’chance

J’ai envie d’faire une blague, pas sûr que ça détende l’ambiance

Son plan était parfait, mon destin tracé depuis l’enfance

Il a juste oublié de m’demander c’que j’en pense

Après, c’est vrai qu’j’lui ai rien dit non plus

Que mon père m’engueule ou pas, j’lui ai jamais vraiment répondu

Tu sais comment on appelle les gens qui passent leur temps à picoler et à trainer dehors ?

Ok, j’vois où il veut en venir mais, pas si vite

J’veux bien rentrer dans son jeu, mais y’a quand même des limites

Il cherche à dramatiser alors que c’est qu’une petite cuite

Oh putain, celle-là, j’suis obligé d’la faire… des Inuits ?

Des clochards, Aurélien ! Clodos, cloches-bottes !

Quand ton père t’engueule, c’est toute ta vie qu’il remet en question

Tu peux avoir eu ton brevet, ton bac avec mention

Ton permis, une coupe du Monde, deux prix Nobel, ça changera rien

T’auras toujours le potentiel pour être un bon à rien

T’es responsable de tous les malheurs de la Terre

De la guerre, de la pluie, de la non-libido d’ta mère

Il m’dit qu’à son époque j’aurais connu la vraie vie

Celle où tu commences à travailler vers neuf ans et demi

Où, pour quitter tes parents, t’emmenais n’importe quelle femme à la mairie

En gros, il m’dit qu’il a grandi dans la p’tite maison dans la prairie

? trom trabélc nu emmoc etuor al ed drob ua essamar et’j’uq tuaf ,tnanetniam ,tE

On parle pas la même langue, dialogue de sourd, on pourra jamais s’entendre

Même si, au fond, j’pense pas qu’on s’en veuille, ce sera vite oublié

Enfin, jusqu’à la prochaine fois qu’mon père m’engueule

Casseurs Flowters 22h31 – Fais Les Backs

T’as presque perdu tous tes points, ouais

Et tu remplis qu’la réserve quand tu fais l’plein, ouais

Quand on t’parle du futur, tu réponds qu’t’y connais rien

T’es parano, t’es même pas sûr que tes potes t’aiment bien, nan

Ta meuf crie tout l’temps : “Haut les mains !”, haut les mains

Parce que tu t’branles encore comme un collégien, ouais

Plus t’avances, plus tu régresses, esquiver : tu connais bien

Tu squattes dans les wagons-bar pour frauder l’train, ouais

Est-ce que tu portes les fringues avec lesquelles tu dors ?

Est-ce que tu prends toujours la file où la caissière est la plus bonne ?

Est-ce que, quand la voisine gueule, tu montes le son plus fort ?

Est-ce que ton canapé et ton corps de baleine fusionnent ?

Pas d’sport depuis des années, depuis des années

Pause clope dans les escaliers, au premier palier

Si tu mets l’réveil deux minutes avant l’heure d’aller taffer

Si t’es déphasé, décalé, égaré, désaxé

Et tu feras des grandes choses quand t’auras trouvé lesquelles

T’as pas écrit l’histoire mais tu la connais quand même

Fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs

Fais les backs, fais les backs, alors pousse le volume et fais les backs, ouais

Rien à foutre d’être malhonnête, ouais

Tu passes devant mais t’ouvres jamais ta boîte aux lettres, nan

Si tu t’ressers un verre pour faire passer la cuite d’hier

Discussions binaires, réflexions primaires

Si ça part en sucette même quand c’est juste qu’une amie, ouais

Deux minutes après qu’tu l’aies baisée, y’a plus d’magie, ouais

T’appliques la mentalité : “Pas vu, pas pris”

Négatif à la banque, t’as pas d’quoi t’payer d’trucs gratuits, nan

T’oublies c’que les gens t’racontent dans la seconde

Tu sais pas breaker mais tu vas quand même dans la ronde, ouais

Tu supportes pas qu’on t’chambre, souvent ça part en baston

Tu cognes en premier, juste après tu demandes pardon, ouais

Quand elle cherche à t’exciter, t’essayes de l’esquiver

Parce qu’il t’reste encore une semaine pour te faire dépister

Tu mens jamais mais tu dis pas vraiment la vérité

T’es grillé, terminé, c’est plié, R.I.P

Et tu feras des grandes choses quand t’auras trouvé lesquelles

T’as pas écrit l’histoire mais tu la connais quand même

Fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs

Fais les backs, fais les backs, alors pousse le volume et fais les backs, ouais

Si t’es toujours dans tout c’qui foire

Et qu’les gens normaux t’trouvent bizarre

Tu connais déjà toute l’histoire

Alors pousse le volume et fais les backs, ouais

Film de boule excitant, meilleur pote déficient

Si t’appelles ta famille tous les dix ans, ouais

Psychotropes délirants, fin d’soirée, dégrisement

Tu sais pas qu’on a changé d’Président, nan

Besoin d’te détruire pour te sentir vivant

Alimentation à base de sandwichs triangles

Tous les soirs de la semaine, c’est la troisième mi-temps

Terrain glissant, destin flippant

Et tu feras des grandes choses quand t’auras trouvé lesquelles

T’as pas écrit l’histoire mais tu la connais quand même

Fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs, fais les backs

Fais les backs, fais les backs, alors pousse le volume et fais les backs, ouais

Casseurs Flowters Bounce

Bah j’sais bien, Maman ! Mais n’empêche que… c’est ma chanson ! Et… c’est ma chanson ! Alors laisse-moi chanter c’que j’veux dans ma chanson ! J’veux chanter ma chanson, c’est tout !

C’est l’retour du keum’ que les dames adorent

J’ai baisé ta femme, ta mère, ta sœur, et ton labrador

J’déteste les racistes, les PD et les sales traînées

J’étais pas vraiment triste à la mort de Charles Trenet

Nous détrôner : va falloir s’entraîner sans traîner

On est des oufs, et on a tendance à s’engrainer

O.R.E.L., c’est comme le Père Noël sans traîneau

Y’a des belles choses dans son sac à dos, mais ça fait pas d’cadeau

J’ai des gos dans tous les codes postaux

Et j’te chercherai pas d’embrouille si t’as des potes costauds

J’pose des bombes, comme si j’étais George W. Bush

Quand j’rappe mes négros bounce, et toutes les putes ouvrent les bouches

J’suis trop cool, comme Cookies featuring Crew Maudit

J’suis un gangster et j’tue des gens quand j’écoute Mobb Deep

J’ai trop d’gos, j’me rappelle plus j’ai tej’ laquelle

J’ai trop d’égo, j’crie mon nom quand j’éjacule

Toujours dans la lune, putain cet enfant est plutôt spécial

Moi j’m’en bats la race, j’ai mis des jantes sur mon vaisseau spatial

J’ai dû créer mon propre style afin de dégoûter les moqueurs

Mon cerveau m’a dit : “Ferme ta gueule !” ; j’ai choisi d’écouter mon cœur

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Tu peux pas test avec les étoiles invisibles

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Pousse tes enceintes à fond, pousse tes enceintes à fond

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Tu peux pas test avec les étoiles invisibles

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Dans l’plafond, dans l’plafond, dans l’plafond !

Nique la Police : j’ai pris Julie Lescaut en missionnaire

Y’a ma gueule en photo à “MC” dans le dictionnaire

O.R.E.L., L’Infâme, Le Misogyne

C’est vrai qu’j’ai tendance à frapper les femmes depuis que j’me suis mis au gin

Mon rap c’est pas d’la balle, c’est un truc qui mutile

T’es comme une ‘tasse qui avale pas, en gros t’es inutile

T’façon qu’est ce que tu voulais faire avec une voix si naze ?

Pédé, t’arriveras pas à percer dans ton voisinage

J’suis l’Cinquième Élément, membré comme un éléphant

J’ai pas changé, enfant, j’aimais déjà boucher les fentes

Quand j’écris, j’mets à l’amende l’Iliade et l’Odyssée

J’ai plus de style que d’drogue qu’il y avait au lycée

Dans l’industrie, un connard fait d’la merde, et tous les moutons bougent

Mon rap c’est d’la bombe, comme si Bush appuie sur l’bouton rouge

Y’a quoi ? Y’a qu’au microphone que j’agresse

Mais au moins j’déménage comme si j’avais changé d’adresse

Ouais j’suis un gladiateur, j’chauffe les salles comme un radiateur

Auteur, compositeur, bon squatteur, acteur

De mes propres films, que j’me fais dans ma tête

Désolé les gars mais j’avais pas vu qu’c’était la fête

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Tu peux pas test avec les étoiles invisibles

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Pousse tes enceintes à fond, pousse tes enceintes à fond

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Tu peux pas test avec les étoiles invisibles

Mets tes mains dans l’plafond, pousse tes enceintes à fond

Dans l’plafond, dans l’plafond, dans l’plafond !

Casseurs Flowters 01h16 – Les Putes Et Moi

[Orelsan:]

J’sais pas trop, c’est pas trop mon délire. On en a déjà parlé plein d’fois, mais c’est la dernière fois qu’on a cette discussion. Gringe, dis-nous ce que tu penses de la prostitution

[Gringe:]

Des fois tu trompes ta meuf, mais tu t’sens limité

Bah retiens ça : 50, c’est l’prix d’la tranquilité

Le meilleur moyen de t’vider sans t’faire piquer

C’est certifié, penses-y avant d’critiquer

Fini les appels nocturnes, les numéros masqués

Le stress de t’faire péter chaque fois qu’tu l’as sentie vibrer

À toi qui as jamais su tricher sans t’justifier

Dis-toi qu’y’a que Jésus qu’a pas menti, résultat : crucifié

Les putes c’est comme une séance chez l’psy, le p’tit plus

C’est qu’pour le même prix, t’as une personne qui t”consulte et qui t’suce

Sans barrière de langue, ni distinction d’âge

Moi j’avais même pas 20 ans, j’ai vite chopé l’virus

C’était la même chaque jour

J’élaborais des plans savants pour m’faufiler d’chez moi, jusqu’à ces J9 de l’amour

3h du mat’ commence le compte à rebours

J’sors de ma chambre en prenant soin de respecter les étapes sur mon parcours

D’abord les poches de mon père : clés d’voiture

Puis passer par la fenêtre, sortir dehors, mettre les chaussures

Clé sur l’contact, attendre qu’une voiture passe

Camoufler l’bruit quand j’démarre

Rouler un peu plus loin pour mettre les phares

Puis direction la gare sans qu’on m’arrête, non, j’ai pas l’permis

Prise de risque maximale pour public averti

Ma première expérience dans un camtar, j’entends cette p’tite voix qui m’dit :

“Alors, une MST, c’est quoi Jamy ?”

Tu trouves quand même des bonus compris dans l’prix d’vente

Kosovarde ou Béninoise, chope un master en langue vivante

Ressent des pulsions lancinantes

Une douce chaleur qui t’emplis l’ventre

Découvre un monde aux saveurs enivrantes

La sueur de quinze clients incrustée sur un matelas moite

Le parfum des lingettes pour bébé qu’elle se passe dans la chatte

Les lampes à pétrole, l’odeur du sperme

Les corbeilles pleines de capotes qui seront comptabilisées par un mac

Et pendant qu’t’es là et qu’tu fais tes affaires

Une deuxième fille dort à l’avant : les putes travaillent souvent par paire

Crois-moi c’est l’genre de truc qui détendra même les plus complexés

Vive le camtar et sa promiscuité !

Y’a deux écoles : l’estafette ou l’hôtel

Aller chez l’habitant ou choisir l’ennui d’un voyage organisé

Vois pas les choses avec effroi

Dis-toi qu’les femmes ont besoin d’une raison pour l’faire, nous, juste d’un endroit

Donc j’ai attendu là, tapi dans la pénombre

En attendant mon tour, j’angoisse et j’comptais les secondes

Excitation féconde, mais laisse-moi t’dire le plus kiffant

Une chance sur deux d’attraper l’DASS’ si y’a plus d’lubrifiant

Et j’appelle ça l’amour du risque, explore ton côté sombre

Remonte le col de l’utérus plus vite que Lance Armstrong

Moi j’ai vite appris à calculer leurs vices, penses-tu

Ma bite coincée entre ses cuisses en période de menstru’

Mais j’flirte avec le sordide, j’me débine pas

J’sais qu’l’argent qu’j’lui file va servir à payer les couches et l’Blédina

Ne surtout pas tomber dans l’empathie, crois-moi

T’es dans la merde si tu commences à faire ton délicat

Là elle jouera sa carte fragile et consentante

Et toi, bah tu t’feras alléger les couilles et l’compte en banque

Et c’est une règle de base dans un rapport que tu monnayes :

Te laisse pas attendrir sous peine de t’faire soutirer plus d’oseille

1 : Réprime ta morale, 2 : Assouvis tes pulsions

3 : Découvre que rapport payé donne plus d’excitation

Impassible et stoïque, une pute n’éprouve pas d’émotion

Si tu l’as fais cligner d’un œil, t’as rempli ta mission

En résumé du sexe, du stress et des tas d’frissons

Le plus vieux métier du monde perpétue la tradition

En équipe, mieux qu’un Laser Quest, tu perds t’as plus qu’à faire l’test

Veinard si tu t’en tires juste avec un herpès

Les putes et moi, une grande histoire d’amour

Mes premiers émois, mes premiers exploits, premières tranches de bravoure

Combien d’fois j’ai fait l’tour du rond-point pour la quinzième fois

Toujours le même frisson quand j’parle des putes et moi

[Gringe:] – Alors, toujours pas convaincu ?

[Orelsan:] – Pff, j’suis toujours pas très chaud…

[Gringe:] – Bah vas-y, finis la discussion : Orel, dis-nous c’que tu penses de la prostitution !

[Orelsan:]

J’entends souvent : “Pour baiser, j’ai pas besoin d’payer”

C’est bien d’avoir sa fierté, moi j’l’ai fait

Avant 18 ans, j’osais pas tester

Comme j’habitais pas très loin, j’observais leurs vas-et-viens, j’rêvais

J’voyais des mecs perdus et des caisses de PDG

Des pères de familles prendre des putes avec leur siège bébé

C’est vrai, j’ai sauté quelques repas pour essayer

Comment c’était ? À chier ! Chaque fois j’ai regretté

T’es loin du glamour de “Pretty Woman”

Quand tu t’retrouves à rentrer mou dans une vessie toute crade

Quand l’odeur des types d’avant est limite soutenable

Quand tu comprends “Casse-toi, connard !”, quand elle te dit : “Good bye !”

J’suis rentré chez moi, plastique sur la bite, tout pâle

J’ai mis trois mois avant d’arrêter d’me sentir coupable

Et puis j’y suis retourné quelques fois pour vérifier

On m’a dit d’jamais resté bloqué sur mes premières idées

J’étais fixé, jean baissé entre deux pares-chocs

J’arrive à penser à rien d’autre qu’à l’accident d’capote

C’est qu’une grande carotte sauf si t’aimes les plans femmes mortes

En période de règles : supplément ketchup

J’aime les trucs sales dans des endroits propres

C’est tout l’contraire : les lingettes désinfectantes, ça m’bloque

Elles mettent tellement d’lubrifiant qu’tu peux rentrer sans qu’ça frotte

Autant tremper ta bite dans la flotte

Peu importe c’qu’elle fait avec ses mains : elle en à rien à branler

J’ai déjà pris plus de plaisir chez l’médecin

C’est bien si les putes t’excitent

Mais j’ai vu des bouchers découper des poulets d’une manière plus sexy

Si tu crois qu’une pute gémit, t’as du entendre un soupir

Si elle t’refile des chlamydias, tu repars avec un souvenir

Oublie tes fantasmes, elle s’en tape de tes problèmes sexuels

Les putes n’ont aucune conscience professionnelle

Quand elles s’écartent à moins d’un mètre pour aller pisser

Tu vois qu’le service après-vente laisse à désirer

J’m’en bats les couilles de leurs clichés plein d’préjugés

Mais c’est quand même bizarre de pénétrer les réfugiés

Bon. J’ai quand même tenté une autre approche

Nouveau compte en banque, nouvelle décadence, nouvelle girlfriend expérience

Pour faire avancer la science

J’ai trouvé des sites d’escorts et j’ai tenté ma chance

Pour les plus bonnes, j’attends toujours qu’on m’rappelle

Pour les autres, tu connais l’expression : “Photo non contractuelle”

La première était tellement moche, mon cœur s’est arrêté : AVC

Tu m’crois qu’j’l’ai baisée quand même pour pas la vexer ?

Le temps d’digérer la honte et j’suis chez une femme ronde

Avec une sale tronche, qui veut qu’j’crache en trois secondes

Doit y avoir un chronomètre dans sa chatte blonde

C’est pas dans l’annonce qu’il fallait baiser contre-la-montre

Cette pouffe vénale gâche tout parce qu’elle joue très mal

Prends tes 200 balles et va t’payer des cours d’théâtre

C’est plus fort que moi, j’veux toujours qu’elles m’trouvent spécial

J’ai trop d’égo pour être un coup banal, j’fais tout l’travail

C’est elles qui devraient m’payer

J’essaie d’les mettre à l’aise au point qu’ça m’fait stresser

J’passe les trente premières minutes à bégayer

Quand j’lis les annonces et quand elles s’barrent, c’est mes moments préférés

Des trottoirs aux camtars, aux maisons closes, aux vitrines

Qu’elles arrêtent de s’plaindre, c’est toujours moi la victime

J’ai perdu beaucoup d’amour propre et un peu d’money

Quand j’suis à deux doigts d’craquer, j’me dis qu’la capote aussi

Les putes et moi, une suite d’histoires lamentables

Crois-moi, oublie les films de boule que t’as dans l’crâne

C’est qu’une grande arnaque ou p’t-être que j’ai pas l’mental

Rendez-moi mes 50, mes 100, mes 300 balles

[Gringe:]

Les putes et moi, une grande histoire d’amour

Mes premiers émois, mes premiers exploits, premières tranches de bravoure

Combien d’fois j’ai fais l’tour du rond-point pour la quinzième fois

Toujours le même frisson quand j’parle des putes et moi

Casseurs Flowters Quand Ton Père T’engueule

[Orelsan & son père:]

Pour des bonnes ou des mauvaises raisons, mon père m’a souvent crié dessus

Mais, quand il dit rien, c’est qu’il est vraiment déçu

Putain ! J’préfère qu’il gueule, le pire, c’est les silences

Tout c’qu’il crie sera pas aussi violent que tout c’qu’il pense

Quand t’es p’tit, tu crois qu’ce genre de truc s’arrête

Mais ton père t’engueuleras toute ta vie, t’as dix ans dans sa tête

Tu pues la gnôle, tu bois l’matin…

Question piège, pourtant, normalement, j’tiens l’alcool mais

(ah ouais), c’est la piémontaise

La piémontaise…

Là, il m’demande pourquoi j’suis pas normal

Dit qu’j’ai fait des études, j’suis pas censé descendre l’échelle sociale

Qu’est-ce qu’il a fait d’mal ? Est-ce qu’il m’a bien éduqué ?

C’est la faute de mes potes suspects, comme quand ils m’ont fait fumer

Tout c’que j’arrive à penser, c’est qu’j’ai mal au v…

Ah, oui, beh c’est bon !

C’est bon, calme toi, il a rien ton Mercos de merde, abruti !

Pourquoi les gens sont plus agressifs en voiture ?

Quand ils s’sentent en sécurité, ça fait sortir leur vraie nature

Tu vois c’que tu m’fais faire ?

Ça y est, c’est d’ma faute si tout va mal

J’voulais faire comme lui, me mettre un p’tit verre après l’travail

Ou plusieurs pendant, comme il faisait dans l’temps

J’travaille beaucoup mieux quelques grammes dans l’sang

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à faire semblant

J’pourrais lui dire qu’j’arrive mieux à encaisser l’rangement

Mais, bon, tout c’que j’dis sera retenu contre moi

J’ai juste à fermer ma gueule, avoir l’air coupable, jusqu’à c’qu’on s’revoit

On dirait qu’c’est la première fois qu’il s’rend compte que j’bois

Est-ce qu’il s’inquiète vraiment ou est-ce qu’il a juste honte de moi ?

Ça doit être un mélange de tout ça

Un peu comme mes mélanges d’alcool qui font qu’il est en train d’crier : “Pourquoi ?”

Il m’dit qu’j’me rends pas compte de la chance d’avoir autant d’chance

J’ai envie d’faire une blague, pas sûr que ça détende l’ambiance

Son plan était parfait, mon destin tracé depuis l’enfance

Il a juste oublié de m’demander c’que j’en pense

Après, c’est vrai qu’j’lui ai rien dit non plus

Que mon père m’engueule ou pas, j’lui ai jamais vraiment répondu

Tu sais comment on appelle les gens qui passent leur temps à picoler et à trainer dehors ?

Ok, j’vois où il veut en venir mais, pas si vite

J’veux bien rentrer dans son jeu, mais y’a quand même des limites

Il cherche à dramatiser alors que c’est qu’une petite cuite

Oh putain, celle-là, j’suis obligé d’la faire… des Inuits ?

Des clochards, Aurélien ! Clodos, cloches-bottes !

Quand ton père t’engueule, c’est toute ta vie qu’il remet en question

Tu peux avoir eu ton brevet, ton bac avec mention

Ton permis, une coupe du Monde, deux prix Nobel, ça changera rien

T’auras toujours le potentiel pour être un bon à rien

T’es responsable de tous les malheurs de la Terre

De la guerre, de la pluie, de la non-libido d’ta mère

Il m’dit qu’à son époque j’aurais connu la vraie vie

Celle où tu commences à travailler vers neuf ans et demi

Où, pour quitter tes parents, t’emmenais n’importe quelle femme à la mairie

En gros, il m’dit qu’il a grandi dans la p’tite maison dans la prairie

? trom trabélc nu emmoc etuor al ed drob ua essamar et’j’uq tuaf ,tnanetniam ,tE

On parle pas la même langue, dialogue de sourd, on pourra jamais s’entendre

Même si, au fond, j’pense pas qu’on s’en veuille, ce sera vite oublié

Enfin, jusqu’à la prochaine fois qu’mon père m’engueule

Casseurs Flowters 06h16 – Des Histoires À Raconter

[Gringe:]

Est-ce qu’il y a une drogue pour m’apaiser ? Une drogue assez puissante ?

Ou une parole pour m’rassurer quand j’suis dans mes phases délirantes ?

Est-ce que l’réconfort d’un pote ou celui d’une femme séduisante

Pourrait m’éloigner ou même me guérir d’un passé qui m’hante ?

Et j’ai vraiment tout essayé, loin d’une vie trépidante

Rongé, des nuits blanches à m’demander d’une voix hésitante :

Ai-je fait les bons choix ? Prise de conscience froide et flippante

Des fois j’aimerais m’endormir et m’réveiller l’année suivante

Mais, renferme les problèmes sous une chape de plomb

Quand ils remontent en surface, souvent la peur te paralyse

Alors l’angoisse frappe comme une lame de fond

Fait qu’aujourd’hui j’me Jack Danise encore et qu’la psy m’analyse

Tellement de fois j’ai chéri mes démons pour qu’ils reviennent

À m’esquinter, sans m’interroger sur la vie qu’je mène

Si j’emmène avec moi ces fous rires, ces souvenirs de scènes

J’ai négligé ma famille et même perdu la fille que j’aime

[Orelsan:]

Et si, plus tard

On voulait connaître mes histoires

Combien vaudront vraiment la peine d’être racontées ?

Même si, ce soir

J’suis touché parce qu’il est tard

Demain, j’aurai sûrement déjà tout oublié

Et j’cours entre deux trains, m’essouffle entre deux refrains

C’est nous l’futur, c’est nous les ringards de demain

Plus tu tapes fort, plus t’as des chances de t’péter la main

La plupart des choses sur lesquelles je m’suis construit servent à rien

Quand les gamins font des gamins, personne contrôle

C’est la loi d’l’évolution : tu crèves si tu joues pas l’bon rôle

Et j’flippe à n’en plus pouvoir trembler

J’ai joui à n’en plus pouvoir bander

Reste à voir qui va m’planter

D’ailleurs j’le ferai sûrement moi-même

Rattrape-moi, j’ai plongé sans voir les pics devant la scène

On a gravi des sommets, bâti des projets, ravi des trophées, affligé, choqué

J’manque de certitudes pour être un artiste révolté

J’regarde plus loin : machine et progrès

J’entends mon heure sonner, alors j’fais l’inventaire

J’ferai tout pour n’jamais devenir un cinquantenaire paumé

Et si, plus tard

On voulait connaître mes histoires

Combien vaudront vraiment la peine d’être racontées ?

Même si, ce soir

J’suis touché parce qu’il est tard

Demain, j’aurai sûrement déjà tout oublié

[Gringe:]

Tu t’vois en haut d’l’affiche, ça y est : tu mènes la vie d’artiste

Toi qu’a toujours voulu faire partie des finalistes

Ça y est, tout l’monde te regarde, exhibe tes cicatrices

Mais c’est déjà trop tard, sans l’savoir tu quittes la piste

Les mêmes gens qui t’aimaient maintenant te jugent et te stigmatisent

T’en as rien à foutre puisque personne ne rivalise

Mais quand l’rideau tombe, et qu’ta conscience te tyrannise

Tu sais qu’celui qui vit comme un égoïste finira triste

[Orelsan:]

Les erreurs font les remords et les hommes apprennent en grandissant

Les mauvais sentiments viennent t’attirer vers l’anéantissement

Comme beaucoup d’gens d’mon âge, j’suis rongé par la culpabilité

J’ai toujours tout fait pour esquiver les responsabilités

J’ai souvent choisi d’me taire, au moins j’étais sûr de pas m’tromper

Mais les années passent vite et même les plus grands finissent par tomber

Dans toutes nos aventures, beaucoup d’moments finiront par compter

Si j’dois m’en aller, j’rêverai d’avoir plus d’histoires à raconter

Et si, plus tard

On voulait connaître mes histoires

Combien vaudront vraiment la peine d’être racontées ?

Même si, ce soir

J’suis touché parce qu’il est tard

Demain, j’aurai sûrement déjà tout oublié

Il reste encore des bornes à faire

Si tu regardes en arrière

Ne vois pas qu’le vide

Te casse pas trop vite

Attends parce qu’il nous reste

Encore des bornes à faire

Si tu regardes en arrière

Ne vois pas qu’le vide

Te casse pas trop vite

Attends parce qu’il nous reste

[*Toc toc toc*]

[Orelsan:] Merde, hey Gringe, réveille-toi, j’crois qu’c’est Ablaye et, on a pas d’single

[Gringe:] Quoi ?

[Orelsan:] Mh mh. C’est Ablaye, j’fais quoi ? J’vais lui ouvrir ou… ?

[Gringe:] Ohalala merde, ben…

[Orelsan:] Il s’excite en plus…

[Gringe:] Bah ouais bah va lui ouvrir, va lui ouvrir…

[Orelsan:] Ouais… J’dis quoi ?

[Gringe:] T’inquiète, va lui ouvrir, j’ai un plan, ça va l’faire

[Orelsan:] Cool

[Orelsan va ouvrir à Ablaye qui n’arrêtais pas de toquer]

[Orelsan:] Yo, ça va ou quoi ?

[Ablaye:] Nan ça va pas ! Putain mais vous étiez en train d’pioncer ou quoi !?

[Orelsan:] Nan nan nan ! T’inquiète on est un peu fatigué, on a bossé et tout mais, ça va l’faire hun, hun Gringe ?

[Gringe:] Ouais, ouais ouais on a bossé toute la nuit

[Ablaye:] Arrête de raconter ta vie, il est où l’single ?

[Gringe:] Hé nan mais on a bossé toute la nuit, faut qu’tu t’installes,on va t’faire écouter l’truc

[Ablaye:] Ouais

[Gringe:] Mais installe-toi confortablement

[Ablaye:] Vas-y vas-y, vas-y

[Gringe:] Faut vraiment qu’tu sois au calme, posé

[Orelsan chuchote à Gringe:] T’as un plan ou… ?

[Gringe:] Ouais t’inquiète, euh, appuie sur play

[Orelsan:] Hm

[Ablaye:] Aaaaah

[Gringe:] Maintenant j’te propose que, à 3 on s’barre en courant

[Orelsan:] Ah c’est ça ton plan ?

[Ablaye:] Ah pas mal

[Gringe:] Ouais, j’ai pas trouvé autre chose… 3 !

[Ablaye:] Hey mais, revenez, bande d’enfoirés, mon single !

Casseurs Flowters 20h08 – Dans La Place Pour Être

[Orelsan:]

J’habite une petite ville du 61

J’ai quelques potes qui m’aiment bien : pourquoi ? J’en sais rien

On a fait deux fois les 400 coups, on marche en crew, on part en couille

Tout raconter rendrait nos parents fous

Après les cours, au skate-park, j’écrivais mes premiers raps

J’ai vidé mes premiers packs, j’ai claqué mes premiers bangs

J’ai mangé mes premières claques

Perché sur la mini-rampe, j’dégueulais mes premiers Jack

Ah !

L’ambiance à la baraque c’était : “Ferme ta gueule et passe ton bac !”

“Range tes affaires !”, “Applique-toi !”, “Regarde l’état d’ton sac !”

J’ai plus l’âge pour qu’on m’donne des leçons

J’ai des mauvaises intentions, mais des bonnes raisons

Nan ! Samedi soir, chez moi, c’est hors de question

Pression, technique de ninja pour sortir de la maison

Personne chez Simon, on saccage le bar

On s’évanouit douze heures, on part au centre commercial, on déjeune dans les rayons

À l’époque on pouvait fumer dans les wagons

J’marchais sur mes baggys, j’les trouais sous les talons

Claude a cartonné la 309 de ses darons

C’est quoi c’t’odeur ? Fais tourner l’flacon !

Fraîchement dépucelé, j’ai plus qu’une envie : baiser

Mais j’ramène jamais d’meuf : ma grand-mère croit qu’j’suis pédé

Appelle le dealeur, le code c’est des cassettes de reggae

On part en virée sur nos 49.9 CC

Fainéantise chronique, gin tonic

Fond d’écran pornographique hypnotique

Tony Hawk, Metal Gear Solid, j’profite

Pas assez d’filles, trop d’types

Pogo dans une pièce trop p’tite

On s’cotise pour un paquet d’dix

Cypress Hill, Outkast, Wu-Tang : ma playlist

Tout s’passe comme sur des roulettes

O.R.E.L. : j’suis dans la place pour être…

[Gringe:]

J’habite dans une banlieue à l’Ouest de Paris

J’revois ces années parmi les plus belles de ma vie

J’pourrais t’en parler le ventre ouvert, j’y repense tout fier

J’te parle de cette époque où j’portais mes cartables en bandoulière

Morveux sur un BMX, moi, j’étais l’un d’eux

Quand l’Bois d’Cergy tout entier était mon terrain d’jeu

Sous mon blouson starter, toujours à la recherche d’une connerie à faire

Et j’y retournerais si j’pouvais faire un vœu

Si dehors j’suis seul, à la maison une femme m’éduque

Mais déjà trop dissipé, j’fuis les salles d’études

On s’bousille à Tekken quand on s’entasse chez Luc

Et en bas d’l’école des Maradas, j’marque des buts

Avec Karl, Nordine, Mouss, David, Fabio, Ayoub

Christophe Leblaye, Steph et Chicano

Ici tout l’monde se connaît, chacun a son équipe

Donc mieux vaut marcher en bande et connaître ses répliques

J’repense aux barres de rire dans l’hall de Pierrick

Les mercredis foot en salle, vitesse technique

Ici trop d’têtes rasées, mecs cramés

Si t’es blanc, ramène des chips au bacon pour pas t’faire taxer

Lycée rime avec mauvais points

J’vais en cours pour élaborer toutes sortes de sèches

Daniel me roule mes premiers joints

J’rentre chez moi les yeux vitreux et la gorge sèche

Première, parano

Merde : grillé par la mère quand elle m’fait cracher dans l’lavabo

Cachette cramée, mon shit fini au camion-benne

J’me revois encore traîner avec Luigi aux Trois-Fontaines

Puis des étangs à Cergy Village

Flashback, soufflette

Musique rap, city stade, roulette

Nan, mes traces au Posca n’sont pas qu’des phrases toutes faites

Gringe est dans la place pour être…