Fauve Nuits Fauves

Regarde pas les affiches

Fais pas gaffe aux signaux

Mets bien tes mains sur tes oreilles

Quand t’entends rire les narvalos, sauvagement

Ceux qui portent leur membre à bout de bras

Qui te disent qu’un cul ça s’attrape / ou ça n’est pas

De quoi t’as peur?

Alors dis leur que ton machin est contrarié

Que parfois quand une fille te parle

Tu sens tes billes se rétracter

Depuis que cartonne au box-office

La grande idée selon laquelle la compassion c’est dépassé

Dis-leur que tu te sens seul

Et que tu sais plus quoi faire pour trouver un peu de chaleur humaine:

Aller au bois pour que quelqu’un accepte enfin

De toucher ton zob

Tripoter de la lycéenne

Porter des robes?

Te trémousser en talons hauts comme un gogo

Puis arpenter les ruelles sombres en secouant ta clochette

C’est un peu à cause de tout ça si tous les soirs c’est la même histoire

Métro, apéro, lexo, clopes et films pornos à l’ancienne

Sur lesquels tu t’entraînes rageusement

Même si ça fait longtemps que ça t’amuse plus vraiment

Mais il faut pas que tu désespères

Perds pas espoir

Promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire

Ce sera plus des mensonges

Quelque chose de grand

Qui sauve la vie, qui trompe la mort, qui déglingue enfin le blizzard

Imagine-toi: t’es là en train de te reprendre un verre au bar

Quand tout à coup tu croises un regard qui te perfore de part en part

Imagine-toi: t’es là, ça te tombe dessus sans crier gare

Un truc bandant, un truc dément, qui redonne la foi

Un truc comme ça:

“Bonsoir / bonsoir / quelle chance de se croiser ici

Bonsoir / bonsoir / bonsoir / bonsoir / je voudrais partager tes nuits”

Tu connaîtras les nuits fauves / je te le promets

Elle sera tigre en embuscade quand tu viens te glisser sous ses draps

Tandis que toi tu feras scintiller tes canines lorsqu’elle enlève le bas

Elle t’offrira des feulements dans sa voix lorsqu’elle reprend son souffle

Qui s’échappent dans la cour pour aller faire gauler la Lune

Des coups de bélier invoqués comme un miracle

Et qui veulent dire: “Si tu t’arrêtes, je meurs”

Toutes ces choses qui te la feront raidir, rien qu’à te souvenir

Pour le million d’années à venir

Malheureusement tout ce qu’on t’offre pour l’instant

C’est des chattes épilées et des seins en plastique en vidéo

C’est terrifiant

Tout le monde veut la même chose

Même les travelos rêvent du prince charmant

Et pourtant on passe notre temps

A se mettre des coups de cutter dans les paumes

A trop mentir, à force de dire:

“Par pitié, range la guimauve

Ecarte les jambes, je t’en supplie, me parles pas…

Laisse-moi seulement kiffer mon va-et-vient de taulard

Et m’endormir direct moins de trois minutes plus tard”

A force de faire tout ça, on croyait quoi?

On se meurtrit on fait l’amour comme on s’essuie

Quel gaspillage

Mais il faut pas que tu désespères

Perds pas espoir

Promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire

Ce sera plus des mensonges

Quelque chose de grand

Qui sauve la vie, qui trompe la mort, qui déglingue enfin le blizzard

Imagine-toi: t’es là en train de te reprendre un verre au bar

Quand tout à coup tu croises un regard / qui te perfore de part en part

Imagine-toi: t’es là, ça te tombe dessus sans crier gare

Un truc bandant, un truc dément, qui redonne la foi

Offre-moi dès ce soir

Ta peau brune et tes lèvres mauves

Tes seins, tes reins, tes cheveux noirs

Et qu’on se noie dans les nuits fauves

En échange de tout ça

Je t’offre ce dont je dispose

Mon corps, mon âme, prends tout, tout de suite

Et qu’on se noie dans les nuits fauves

Et tant pis si on nous prend pour des demeurés

Bien sûr qu’on sait qu’ici c’est pas Hollywood

Sauf qu’aux dernières nouvelles

Le fantasme c’est encore gratuit

C’est pour ça qu’on se réfugie dans nos pensées

Qu’on ferme les yeux très fort jusqu’à voir des couleurs

En attendant que ça passe

Y a que comme ça qu’on peut rêver de caresses au réveil

Et de regards qui veulent dire: “T’inquiètes plus, t’inquiètes plus”

De coups de poings dans le cœur

De 40e qui rugissent dans nos poumons, à faire sauter les côtes

De torrents dans nos veines

D’une épaule pour pleurer sans honte

Et d’une oreille pour tout dire

Tout dire, toujours, quoiqu’il arrive

De serments argentés prononcés face au rayon vert:

“Est-ce que tu veux m’épouser? Vivre et mourir à mes côtés?”

On rêve de réapprendre à respirer

Que la médiocrité qui nous accable

Aille se faire enfler au Pakistan

On attend désespérément celui ou celle

Qui apaisera d’un doigt nos muscles noués

Et nos encéphales en sous-régime

On attend désespérément celui ou celle

Qui fera battre notre cœur

Plus grand

C’est pour ça qu’il faut pas que tu désespères

Perds pas espoir

Promis juré qu’on la vivra notre putain de belle histoire

Ce sera plus des mensonges

Quelque chose de grand

Qui sauve la vie, qui trompe la mort, qui déglingue enfin le blizzard

Imagine-toi: t’es là / en train de te reprendre un verre au bar

Quand tout à coup tu croises un regard / qui te perfore de part en part

Imagine-toi: t’es là, ça te tombe dessus sans crier gare

Un truc bandant, un truc dément, qui redonne la foi, un truc comme ça

“Je voudrais qu’on monte l’escalier en courant,

Qu’on catapulte tous nos vêtements,

Que tu me fasse l’amour jusqu’à l’aube pendant deux nuits,

Que le soir au soleil couchant on se fasse des câlins.

J’voudrais tellement partager tes nuits,

J’ai tant besoin de ton sourire,

J’ai tant besoin qu’on se voit dans les nuits fauves.”

Fauve Les Hautes Lumières

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

J’irai chercher les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines

Je t’emmène lancer les médailles

Dans l’eau bleue des fontaines

Et cueillir à nouveau ces visions

Qu’on s’offrait autrefois comme des couronnes

Ces visions qu’on s’échangeait

Pour se dire, pour se rappeler

Je suis veilleur, tu es musée

Je veux sentir les feuilles de menthe craquer

Sous nos dents avec la chlorophylle qui s’échappe

Et te faire écouter le son de carillon

Que fait le claquement des drisses de pavillons contre les mâts

Avec en fond le grand fracas de la mer qui rapporte

Et au-dessus la procession d’cargots des nuages bas et blancs

J’voudrais te faire rencontrer les femmes cyprines et les vols queen

Qu’elles nous habillent de robes et de diadèmes

Au croisement d’Amsterdam et de la 80ème

Pendant que moi j’te mettrai au poignet

Des bracelets de tissus qui deviendront des bracelets de fleurs

Puis des rubans, puis des violons

J’porte le blason de mon clan

Je l’ai désormais gravé sur la face visible de mon coeur

Mais ça ne fait pas mal rassure toi au contraire

J’ai fais broder le souvenir étincelants sur deux manteaux de nuit

Que m’ont offerts des frères tisserands, drapiers canus

J’ai à la main mes haussières

Je suis prêt

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je t’offrirais les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines

Je t’emmène plonger dans la Seine

Et nager dans les courants forts de Beauchamp

Nager dans les rivières, remonter les ruisseaux

Puis prendre un bain brûlant

Où je laverai ta peau au lait d’ânesse

Avant de sécher ton corps moi-même, comme avant

Quand on était adolescents

Je veux faire l’amour dans les champs

Dans les clairières, dans les taxis

Je veux faire l’amour partout

Même sur les toits de Paris

Je veux résider au creux de ton cou

Et dans tes draps parfumés au lilas

Tandis qu’une madre enveloppé d’un châle rouge

Bénit nos fronts en silence

Avec des croix de baume au camphre

Je te montrerais comment décrocher les boules blanches des symphorines pour les éclater entre nos pieds et entre nos doigts

Avant d’aller regarder la lumière des lampadaires

Qui rougeoie et qui vacille sur les berges du fleuve endormi

Don’t les risées de vent emplissent la surface

Je veux offrir cette cigarette à ma mère

Cette cigarette d’après la guerre et son odeur vanillée

Je t’emmène voir le granit rose de ces iles qu’on ne peut pas déplacer mais c’est pour nous protéger

Je t’emmène tout rejouer, peut-être tout perdre

Mais peut-être aussi tout raffler, tout braquer, tout gagner

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je t’offrirais les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines je t’emmène voir Tolède, Cavour, Sienne et Navonne

Toucher la faience des rues de Lisbonne

Et le marbre blanc lisse et brillant des palais

Je veux entendre les salams des chauffeurs et qui nous crient

“Les enfants je vous emmène à Orléans si ça vous plait”

Je veux t’offrir le tintement des couverts d’argent contre le cristal

Et les mots précieux des miens

Je veux écouter les histoires des anciens encore et encore

Ces histoires millénaires qui renaissent

On s’est connu y’a 3000 ans, on se retrouve maintenant

Et nos enfants feront de même

Je t’emmène loin des griffes de la colère, loin des regrets, loin des nausées

Je t’emmène loin de la barbarie et des odeurs de kérosène brulé

Je t’emmène courir après les filles, après les garçons, après les rêves

Et contempler les vivants

Ces gens qu’on croise parfois qui nous font tomber amoureux pour deux, pour trois

On doit encore parcourir la Terre

On doit trouver cent mille soeurs et cent mille frères

Pour plus jamais être seul dans les cimetières

Alors sur la colline du palatin, par dessus les dômes byzantins

Bientôt nous seront postés

Nous armerons nos flèches de diamants pour devenir sagittaire

Et décrocher les hautes lumières

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je tt’offrirais les hautes lumières

Fauve Les Hautes Lumières

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

J’irai chercher les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines

Je t’emmène lancer les médailles

Dans l’eau bleue des fontaines

Et cueillir à nouveau ces visions

Qu’on s’offrait autrefois comme des couronnes

Ces visions qu’on s’échangeait

Pour se dire, pour se rappeler

Je suis veilleur, tu es musée

Je veux sentir les feuilles de menthe craquer

Sous nos dents avec la chlorophylle qui s’échappe

Et te faire écouter le son de carillon

Que fait le claquement des drisses de pavillons contre les mâts

Avec en fond le grand fracas de la mer qui rapporte

Et au-dessus la procession d’cargots des nuages bas et blancs

J’voudrais te faire rencontrer les femmes cyprines et les vols queen

Qu’elles nous habillent de robes et de diadèmes

Au croisement d’Amsterdam et de la 80ème

Pendant que moi j’te mettrai au poignet

Des bracelets de tissus qui deviendront des bracelets de fleurs

Puis des rubans, puis des violons

J’porte le blason de mon clan

Je l’ai désormais gravé sur la face visible de mon coeur

Mais ça ne fait pas mal rassure toi au contraire

J’ai fais broder le souvenir étincelants sur deux manteaux de nuit

Que m’ont offerts des frères tisserands, drapiers canus

J’ai à la main mes haussières

Je suis prêt

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je t’offrirais les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines

Je t’emmène plonger dans la Seine

Et nager dans les courants forts de Beauchamp

Nager dans les rivières, remonter les ruisseaux

Puis prendre un bain brûlant

Où je laverai ta peau au lait d’ânesse

Avant de sécher ton corps moi-même, comme avant

Quand on était adolescents

Je veux faire l’amour dans les champs

Dans les clairières, dans les taxis

Je veux faire l’amour partout

Même sur les toits de Paris

Je veux résider au creux de ton cou

Et dans tes draps parfumés au lilas

Tandis qu’une madre enveloppé d’un châle rouge

Bénit nos fronts en silence

Avec des croix de baume au camphre

Je te montrerais comment décrocher les boules blanches des symphorines pour les éclater entre nos pieds et entre nos doigts

Avant d’aller regarder la lumière des lampadaires

Qui rougeoie et qui vacille sur les berges du fleuve endormi

Don’t les risées de vent emplissent la surface

Je veux offrir cette cigarette à ma mère

Cette cigarette d’après la guerre et son odeur vanillée

Je t’emmène voir le granit rose de ces iles qu’on ne peut pas déplacer mais c’est pour nous protéger

Je t’emmène tout rejouer, peut-être tout perdre

Mais peut-être aussi tout raffler, tout braquer, tout gagner

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je t’offrirais les hautes lumières

Aux innocents les mains pleines je t’emmène voir Tolède, Cavour, Sienne et Navonne

Toucher la faience des rues de Lisbonne

Et le marbre blanc lisse et brillant des palais

Je veux entendre les salams des chauffeurs et qui nous crient

“Les enfants je vous emmène à Orléans si ça vous plait”

Je veux t’offrir le tintement des couverts d’argent contre le cristal

Et les mots précieux des miens

Je veux écouter les histoires des anciens encore et encore

Ces histoires millénaires qui renaissent

On s’est connu y’a 3000 ans, on se retrouve maintenant

Et nos enfants feront de même

Je t’emmène loin des griffes de la colère, loin des regrets, loin des nausées

Je t’emmène loin de la barbarie et des odeurs de kérosène brulé

Je t’emmène courir après les filles, après les garçons, après les rêves

Et contempler les vivants

Ces gens qu’on croise parfois qui nous font tomber amoureux pour deux, pour trois

On doit encore parcourir la Terre

On doit trouver cent mille soeurs et cent mille frères

Pour plus jamais être seul dans les cimetières

Alors sur la colline du palatin, par dessus les dômes byzantins

Bientôt nous seront postés

Nous armerons nos flèches de diamants pour devenir sagittaire

Et décrocher les hautes lumières

Après la nuit

Avant le jour

Et à travers les roselières

Après la nuit

Avant le jour

Je tt’offrirais les hautes lumières

Fauve Sous Les Arcades

Dans la dernière leçon, nous avons sinon étudié au moins définit, ce qu’on entend par “relation d’ordre sur un ensemble”

Je dis “définit sinon étudié” car nous n’avons pas tout dit, loin de là

Face au miroir je craque une allumette, j’invoque le feu, je fail tourner des mantras à vois basse, je les égraine comme un chapelet

Bientôt va falloir montrer les dents et rentrer dans l’arène sous les strobes et le bastringue

Le stress me tourne autour façon vautour, j’emmène pas large

Mais je sais que t’es avec moi, que tu peux faire jaillir l’orage de tes doigts

En ce qui me concerne je serais pas en reste

J’aurais le crome dans ma main droite même si au début je tremblerais peut-être

Aller écrase ta sèche dans un verre plein, avale ton mélange d’une traite pour le coup de fouet

Défais tes mains et serre-moi contre toi on va rejoindre les autres

On va reprendre notre place dans cette colonne

Dans ce cortège des bras cassés, des lâche-rien auquel on appartient

Plus que quelques secondes et on va pouvoir à nouveau envoyer nos coups de chiens

Regarder la folie reprendre ses droits, danser comme des pantins

Tanguer de babord à tribord et chanter tous ensemble ce refrain

A la façon d’un chant de marin

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Fleur au fusil, sourire en coin

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape la fureur à pleines mains

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Pied au planchet, amour au poing

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape le tonnerre à pleines mains

Les yeux rivés au plafond j’entends le vent mauvais dehors

Qui se remet à hurler sur les avenues et les boulevards avec la rage d’un ex-taulard qui ferait le tapin

Je me raconte des histoires étranges et puis j’essaie de penser à rien

La panique me serre les rouleaux façon virago

Mais je sais que tu seras jamais loin, toujours dans le coin de mon oeil, dans mon chant de vision

Toi qui peux cogner si fort

Quant à moi je te laisserai pas tout porter t’inquiète

J’essaierai de faire en sorte que l’air dans mes poumons soit brulant

Allez passe-toi de l’eau sur le visage, mets-toi quelques gentilles claques

Fais craquer tes phalanges et sers-moi contre toi

On va reprendre notre place dans cette colonne

Dans ce cortège des bras cassés, des lâche-rien auquel on appartient

Plus que quelques seconde et on pourra encore une fois jouer aux indiens sur un chant de mine

Hurler à la lune, danser comme des pantins

Tanguer de babord à tribord et chanter tous ensemble ce refrain

A la façon d’un chant de marin

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Fleur au fusil, sourire en coin

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape la fureur à pleines mains

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Pied au planchet, amour au poing

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape le tonnerre à pleines mains

Sur les sentiers tortueux j’avance aux côtés de ma ferveur, fidèle compagnon de voyage

Face au vacarme j’ai mon rituel étrange

J’ai les mains au fond de mon blouson dans lesquelles j’ai placé mes fétiches

Que je fais s’entrechoquer

L’angoisse me file la courante c’est pas gagné

Mais je sais que t’es là toujours à ma portée comme je suis à la tienne

Tu le sais je tiens mes promesses je mens rarement

J’ai des cartes plein les manches, plein les manches

Et tous les talismans

Allez, allez, avale tes pilules descends

Rejoins moi dans la rue que je te sers contre moi

On va rattraper les autres, on va rattraper le train

On va reprendre notre place dans cette colonne

Dans ce cortège des bras cassés, des lâche-rien auquel on appartient

On a des heures devant nous pour buter la nuit

Boire, fumer, s’abimer la santé

Se dire des belles choses et fantasmer, profiter du temps qui passe

Danser comme des pantins

Tanguer de babord à tribord et chanter tous ensemble ce refrain

A la façon d’un chant de marin

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Fleur au fusil, sourire en coin

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape la fureur à pleines mains

Que la fièvre marche avec nous, sous les arcades et sous les coups

Pied au planchet, amour au poing

Tête en avant, oublie tout, lâche les chevaux, rends-les fous

Attrape le tonnerre à pleines mains

Fauve Requin-Tigre

Je me suis mis à déconner complètement

Y’a quelque chose qui a sauté là dedans

Je sais pas

Je pense que c’est parce qu’inconsciemment

J’ai eu l’impression de perdre le contrôle

De perdre le contrôle sur toutes les choses

Dans lesquelles j’étais impliqué

Sur tous les éléments de ma vie

Ca m’a plongé dans un état de colère

Absolument indescriptible

C’était insoutenable

C’est comme être enfermé dans une boite sans lumière

Dans laquelle le temps s’arrête

C’est comme être dans les limbes en fait

Tu peux plus aller en avant plus aller en arrière

Tu peux plus aller dans aucune direction

T’es complètement bloqué

À l’arrêt en panne

T’as les pieds dans le ciment

Je me suis senti comme un requin-tigre

Vous savez que les requins quand ils avancent plus

Ils crèvent

Et le requin-tigre c’est le plus agressif

Quand il est immobilisé il défonce tout ce qui passe

Et c’est la même chose avec les loups quand tu les coinces

Moi je me servais de la musique et des mots et de l’écriture pour avancer

Pour progresser à travers l’existence

Alors quand j’ai perdu ça ben

Ben j’ai perdu ma capacité à progresser

C’est comme ça que je me suis mis à gueuler

Tu peux plus interagir avec le monde

Tu te renfermes petit à petit

Tu deviens totalement hermétique

Aux autres et au quotidien

Parce que le matin quand tu te réveilles

Et le soir quand tu te couches

Quand tu marches quand tu bosses

Quand tu parles quand tu conduis

Tu te répètes en permanence

En permanence

Je suis nulle part

Je vais nulle part

Je suis pétrifié

Et je serai jamais rien d’autre que ça

Il faut choisir de pas y penser

Choisir que ça existe pas

Choisir de pas avoir de problème avec ça

Il faut sortir

Faut voir ses amis

Et attendre que ça revienne

Fauve Kané

OK, d’accord

T’es pas un modèle de vertu

Et puis c’est vrai que t’es pas non plus

Un coup en or

D’ailleurs, si on regarde ton corps

Quand tu te mets à poil

Faut bien avoue que tout nu

T’es pas vraiment l’homme idéal

J’ai aussi appris que tu rêvais

D’être Lennon ou McCartney

Qu’est-ce que tu veux, mon vieux?

T’as fait de mon mieux, ça s’est pas fait

Et puis on m’a dit que la nuit

Tu cherchais à revendre ton âme au Diable

Pour qu’il te rende moins laid

Plus fort, aimable et stable

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le répéterai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

Je sais, je sais

Tu fais parfois du mal aux gens

Parce que t’es pas toujours le mec

Le plus loyal

Ni le plus franc

Déjà qu’en temps normal

T’es un peu pas normal, justement

Mais en plus, quand tu bois

Tu deviens rapidement assez sale

Limite flippant

Ça t’arrive aussi d’être un peu

Libidineux

Quand t’es pas carrément insistant

De faire des trucs pas très élégants

Pour t’excuser le lendemain

Piteusement

Et puis tes coups de sang, tiens

On pourrait en parler aussi

Quand tu sors les crocs

Sans crier gare

Pour un rien

Et contre n’importe qui

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le réputerai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

T’as peur de tout

C’est à peine croyable

Tu bloques sur un nombre de choses

Absolument incalculable

Ça dure depuis tellement longtemps

Je sais pas comment tu fais

Pour dérouiller autant

Même si je crois quand même

Qu’à la longue, ça t’a un peu abîmé

En dedans

D’ailleurs on t’entend parfois dire

Des choses étranges

Des trucs pas nets

De parler à l’envers Et de raconter des histoires

Sans queue ni tête

T’es devenu bizarre

Imprévisible

Déconcertant

Branque

Cryptique

Certains disent même

Qu’ils t’ont vu à ta fenêtre le soir

Parler aux satellites

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le répéterai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

Fauve Tallulah

Alors que le bruit de nos talons sur le macadam trempé résonne dans la nuit de Décembre

Alors il faut rattraper le temps perdu

Le temps passé loin l’un de l’autre

Je suis un peu fébrile et toi t’as cet air un peu songeur

Tu fais ce bruit avec tes lèvres que je connais par coeur

Les mots se font rares mais peu importe

Les silences comptent aussi et on a toute la nuit

Alors que l’odeur d’amande sucrée de nos haleines alcoolisées nous revient par la buée qu’on expire

Alors les langues se délient

Alors on ose enfin parler, se dire les choses

Tu es partie, je suis resté, on a changé

On s’est construit chacun de notre côté

Et j’ose pas trop le dire mais souvent tu me manques et je suis heureux à cet instant de pouvoir simplement te regarder

Dans ma poche un briquet, je fais des étincelles par série de trois

Réflexe bizarre je sais mais je voudrais que ce moment s’arrête pas

Si le bateau coule, si le bateau sombre

Je te suivrais, je serais comme ton ombre

Tu me trouveras toujours dans ton sillon

Dans les sales moments comme dans les bons

Et si le cil s’écroule, si les continents plongent

Je te suivrais même jusque dans tes songes

Tu me trouveras toujours dans ton sillage

Dans les lignes droites et les virages

Alors que nos visages engourdis par le froid brillent sous le crachat nocturne

Alors on discute à bâtons rompus comme à cette époque bénie ou tu partageais ma vie

J’aime toujours ce que tu es, en fait même plus qu’avant je crois maintenant que t’s plus là

Et puis y’a quelque chose de plus lumineux, de plus coloré, de plus vivant

Je trouve ça séduisant

Dans ma poche un briquet, je fais des étincelles par série de trois

Réflexe bizarre je sais mais je voudrais que ce moment s’arrête pas

Si le bateau coule, si le bateau sombre

Je te suivrais, je serais comme ton ombre

Tu me trouveras toujours dans ton sillon

Dans les sales moments comme dans les bons

Et si le cil s’écroule, si les continents plongent

Je te suivrais même jusque dans tes songes

Tu me trouveras toujours dans ton sillage

Dans les lignes droites et les virages

Alors que le bruit de nos talons sur le macadam trempé résonne dans la nuit de Décembre

Alors il faut rattraper le temps perdu

Le temps passé loin l’un de l’autre

Tu me dis que bientôt peut-être on va se retrouver

Que bientôt peut-être tu vas revenir

Alors mon coeur s’emballe mais je le garde pour moi, je me contente de sourire et de jouer avec la pierre de mon briquet

Toujours ce briquer dans ma poche, je fais des étincelles par série de trois

Réflexe bizarre je sais mais je voudrais que ce moment s’arrête pas

Si le bateau coule, si le bateau sombre

Je te suivrais, je serais comme ton ombre

Tu me trouveras toujours dans ton sillon

Dans les sales moments comme dans les bons

Et si le cil s’écroule, si les continents plongent

Je te suivrais même jusque dans tes songes

Tu me trouveras toujours dans ton sillage

Dans les lignes droites et les virages

Fauve Jennifer

J’ai l’impression que Jenny a du mal avec elle même, depuis trop de temps

En public elle fait comme tout le monde elle garde la face

Elle renvoie une image de nana déconne, bien dans sa peau, épanouie

Mais si tu l’observes de plus près

Tu comprends vite que c’est pas vraiment ça

Parce qu’elle en fait trop

Elle parle fort

Comme si elle cherchait à couvrir le bruit qui résonne dans sa propre tête

Et puis il y a quelque chose dans ses traits

Dans les expressions de son visage, dans ses cernes et le sourire forcé

Qu’elle se bat pour afficher

Elle dégage une impression de fatigue et de lassitude

C’est comme si son regard était voilé

Qu’ses jolies yeux avaient perdus de leurs éclat

Elle a dû être déçue ou abîmée par un gars

Peut-être même plusieurs d’ailleurs

Et elle s’en remet pas depuis

Inconsciemment elle se punie même probablement pour ce qui s’est passé

Alors qu’elle a tout pour plaire, tout pour plaire

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire tu crois?

Qu’est-ce tu peux faire?

Tu peux déjà, la prendre dans tes bras et lui dire: ça va, ça va, ça va

Tu peux la prendre dans tes bras

Et lui dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Tu peux la prendre dans tes bras

Et lui dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Forcément au moins une fois

Pareil pour ce gamin que j’ai croisé l’autre jour à côté du Zara

Au début il était de dos

Et pour ça que j’ai d’abord cru que c’était une fille

Il avait des longues jambes tellement fines

Et des fesses de gamines, les cheveux longs et un sac à main

C’est quand il s’est retourné que j’ai vu que c’était un mec

Un gosse en fait, il devait avoir 17 ans maximum

Il rigolait avec ses copines

Ils avaient l’air de se moquer d’une personne de leur lycée

A qui il était arrivé je sais pas trop quoi

Mais dans son regard à lui, dans son regard à lui

Il y avait une vraie détresse à te faire sauter le cœur

Une douleur que même lui devait pas évaluer complètement

On sentait bien qu’il en faisait des tonnes exprès

C’était gravé dans ses pupilles qu’il en chiait à mort

Et qu’il sentait qu’il allait en baver encore

Il avait dû se faire cogner, maltraiter, même passer dessus si ça se trouve

Je me suis demandé si il était pas un de ces ados

Qui servent de jouets à d’autres, plus forts, plus vieux

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire tu crois?

Qu’est-ce tu peux faire?

Tu peux déjà, le prendre dans tes bras et lui dire: ça va, ça va, ça va

Tu peux le prendre dans tes bras

Et lui dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Tu peux le prendre dans tes bras

Et lui dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Forcément au moins une fois

Je pourrais aussi te parler de gens

Que tu connais forcément parce qu’il y en a des milliers

Et qu’on en a tous un comme ça dans notre cercle de proche

Quand c’est pas sous nos vêtements

Ce pote qui se démonte la tête dès qu’il a une fenêtre de tir

Qui se met minable aussi bien les soirs de semaine que le weekend

A la bière, au pif, aux alcools forts, aux vidéos débiles

Qui s’écroule dans les voitures

Qui se fait des bleus quand il tombe parce qu’il est trop mal

On connait tous une personne qui a de trop de bonté

Qui est trop fragile pour dormir ou supporter

Le monde sans substance

Quelqu’un qui est né en poussant un cri

Mais qui se sent tout seul à combattre

On connaît tous une personne pour qui tout le monde s’inquiète

Mais à qui t’ose rien dire

Ou pas assez

Parce que c’est difficile de parler de ces choses là

Et puis en même temps parce que tu te dis à juste titre

Qui est-ce que je suis pour juger

T’a raison

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire tu crois?

Qu’est-ce tu peux faire?

Tu peux déjà, les prendre dans tes bras et leur dire: ça va, ça va, ça va, ça va

Tu peux les prendre dans tes bras

Et leur dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Tu peux les prendre dans tes bras

Et leur dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Forcément au moins une fois

En ce qui me concerne je fais pas trop le malin non plus tu sais

Parce qu’avec les filles c’est pas forcément ce qu’il y a de plus simple

Parce que je suis plus que capable de me mettre des bonnes grosses timbales sur commande

Parce que je suis pas ce qu’on fait de mieux en matière de communication

Parce que j’ai une tolérance à la peur et à l’angoisse qui approche les zéros

Alors j’écris les textes à la lueur de l’écran quand je rentre bourré chez mes parents le soir

Mais parfois c’est pas suffisant, c’est pas suffisant

Qu’est-ce tu peux faire?

Qu’est-ce tu peux faire? Qu’est-ce tu peux faire tu crois?

Qu’est-ce tu peux faire?

Tu peux déjà, me prendre dans tes bras et me dire à moi: ça va, ça va, ça va

Tu peux me prendre dans tes bras

Et me dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Tu peux me prendre dans tes bras

Et me dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Forcément au moins une fois

Tu peux me prendre dans tes bras

Et me dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Tu peux me prendre dans tes bras

Et me dire que le jour se lèvera forcément au moins une fois

Forcément au moins une fois

Fauve Rag #5

Slick, nageuse, pallaque, big beat

Palette, plaque chandelier

Lagos, fargo, darak, javelot, carabinier

Gaez, cahoun, baljia, chien de pluie

Sarajevo, lafayette

Carton-plume, papier-bible, papier-cigarette

Coupole, nasty, torrons, tulle

Latche, espars, bojan, libellule

Galuchat, tawny

Tannin, fat cap, tossers

Vif argent, Mazurka

Bauceron, banderilles, slackers

Je prends tout, t’en as d’autres? Envoie

Fauve 2XGM

Me laisse pas devenir un fusil sans cartouches,

Un cheval sans cavalier, un cavalier à pied,

Me laisse pas devenir un spri-sprinter sans ligne d’arrivée,

Un train sans passagers,

Une dispute qui a mal tourné, une dispute qui a mal tourné

Me laisse pas devenir un pestiféré,

Me laisse pas devenir un chanteur de mariage,

Un pilier de bar, une barrière de péage.

Je sais bien qu’t’es à terre, qu’les questions t’vrillent la tête,

Et qu’la douleur t’empêche de parler, de dormir, et même de penser

Comme si un train de marchandises t’était rentré dedans,

Je sais bien qu’tu regrettes plein d’choses, tous ces mots durs qu’on s’est échangé

Avec nos yeux qui lançaient des poignards, et nos langues qui f’saient comme des marteaux,

Je sais bien qu’tu voudrais m’avoir en face de toi,

Pour m’attraper, et m’secouer,

Me d’mander pourquoi j’ai fais ça,

La vérité c’est qu’je sais pas, j’réfléchis pas toujours, tu m’connais.

Je sais bien qu’tu comprends pas, mais peu importe le résultat,

Ça change rien à l’amour, j’t’assure

Et un jour elles se r’ferm’ront tes blessures.

J’te d’mande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas t’faire de mal, j’voulais pas,

J’pensais pas qu’ça irait aussi loin cette histoire,

J’ai pas fais gaffe, ça m’arrive parfois,

J’te demande pardon, pardon, excuse-moi,

Je voulais pas te faire de mal, je voulais pas

Mais même si c’est vrai qu’on peut plus s’voir,

J’suis encore là tu sais, et j’veille sur toi.

Me laisse pas dev’nir le mois d’Novembre,

Me laisse pas tout seul face au mur de la chambre,

Me laisse pas dev’nir une coquille vide, une sale race,

M’laisse pas dev’nir la gare Montparnasse,

Me laisse pas dev’nir une grande surface,

Une prise d’otage qui foire,

Une station balnéaire sur la Barois,

Me laisse pas comme une horloge cassée, pendue au mur à prend’la poussière,

Me laisse pas comme une église en mois d’avril.

Je sais bien qu’t’es en colère,

Que t’aimerais bien qu’j’revienne,

Rien qu’pour pouvoir me coller un bon coup d’pied au cul,

Ou une correction digne de c’nom,

Je sais bien qu’tu t’en veux, mais t’y es pour rien, il faut qu’tu l’acceptes,

C’est la faute au coucou qui est dans ma tête, à tous mes tocs, mes tics et mes fixettes

Au chien effrayé qui aboi tout l’temps à l’intérieur de moi,

Je sais bien qu’tu m’appelle et qu’j’réponds pas,

Mais dis-toi qu’j’ai juste pris la voiture et qu’j’suis parti,

Que j’conduis la vitre ouverte, dans la nuit éclairée par la voie lactée,

Je sais bien qu’tu comprends pas, mais peu importe le résultat,

Ça change rien à l’amour que j’ai pour toi, j’t’assure

Et un jour elles se r’ferm’ront tes blessures.

J’te d’mande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas t’faire de mal, j’voulais pas,

J’pensais pas qu’ça irait aussi loin cette histoire,

J’ai pas fais gaffe, ça m’arrive parfois,

J’te demande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas te faire de mal, c’était pas contre toi,

Mais même si c’est vrai qu’on peut plus s’voir,

J’suis encore là tu sais, et j’veille sur toi.

Je suis l’souffle du vent,

Je suis la pluie sur tes fenêtres,

Je suis les courants d’air qui font claquer les portes,

Je suis les craquements du parquet que la nuit emporte,

Je suis le chat qui passe en silence sous l’faisceau d’un lampadaire,

Je suis les premières neiges,

Je suis la lune qui éclaire la mer,

Je suis les odeurs de l’hiver,

Je suis l’fracas des vagues contre la jetée,

Je suis l’cri des goélands,

Je suis les embruns sur les rochers,

Je suis tes voiles qui frémissent,

Je suis l’eau vive qui court contre la coque de ton canot qui glisse,

Je suis les parfums de Genet et d’Agen au printemps,

Je suis les bans d’sables qui découvrent,

Je suis l’orage, le soleil qui perce entre les nuages,

Je suis les gouttes sur ton visage, je suis la vie autour de toi.