Fauve Rag #5

Slick, nageuse, pallaque, big beat

Palette, plaque chandelier

Lagos, fargo, darak, javelot, carabinier

Gaez, cahoun, baljia, chien de pluie

Sarajevo, lafayette

Carton-plume, papier-bible, papier-cigarette

Coupole, nasty, torrons, tulle

Latche, espars, bojan, libellule

Galuchat, tawny

Tannin, fat cap, tossers

Vif argent, Mazurka

Bauceron, banderilles, slackers

Je prends tout, t’en as d’autres? Envoie

Fauve 2XGM

Me laisse pas devenir un fusil sans cartouches,

Un cheval sans cavalier, un cavalier à pied,

Me laisse pas devenir un spri-sprinter sans ligne d’arrivée,

Un train sans passagers,

Une dispute qui a mal tourné, une dispute qui a mal tourné

Me laisse pas devenir un pestiféré,

Me laisse pas devenir un chanteur de mariage,

Un pilier de bar, une barrière de péage.

Je sais bien qu’t’es à terre, qu’les questions t’vrillent la tête,

Et qu’la douleur t’empêche de parler, de dormir, et même de penser

Comme si un train de marchandises t’était rentré dedans,

Je sais bien qu’tu regrettes plein d’choses, tous ces mots durs qu’on s’est échangé

Avec nos yeux qui lançaient des poignards, et nos langues qui f’saient comme des marteaux,

Je sais bien qu’tu voudrais m’avoir en face de toi,

Pour m’attraper, et m’secouer,

Me d’mander pourquoi j’ai fais ça,

La vérité c’est qu’je sais pas, j’réfléchis pas toujours, tu m’connais.

Je sais bien qu’tu comprends pas, mais peu importe le résultat,

Ça change rien à l’amour, j’t’assure

Et un jour elles se r’ferm’ront tes blessures.

J’te d’mande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas t’faire de mal, j’voulais pas,

J’pensais pas qu’ça irait aussi loin cette histoire,

J’ai pas fais gaffe, ça m’arrive parfois,

J’te demande pardon, pardon, excuse-moi,

Je voulais pas te faire de mal, je voulais pas

Mais même si c’est vrai qu’on peut plus s’voir,

J’suis encore là tu sais, et j’veille sur toi.

Me laisse pas dev’nir le mois d’Novembre,

Me laisse pas tout seul face au mur de la chambre,

Me laisse pas dev’nir une coquille vide, une sale race,

M’laisse pas dev’nir la gare Montparnasse,

Me laisse pas dev’nir une grande surface,

Une prise d’otage qui foire,

Une station balnéaire sur la Barois,

Me laisse pas comme une horloge cassée, pendue au mur à prend’la poussière,

Me laisse pas comme une église en mois d’avril.

Je sais bien qu’t’es en colère,

Que t’aimerais bien qu’j’revienne,

Rien qu’pour pouvoir me coller un bon coup d’pied au cul,

Ou une correction digne de c’nom,

Je sais bien qu’tu t’en veux, mais t’y es pour rien, il faut qu’tu l’acceptes,

C’est la faute au coucou qui est dans ma tête, à tous mes tocs, mes tics et mes fixettes

Au chien effrayé qui aboi tout l’temps à l’intérieur de moi,

Je sais bien qu’tu m’appelle et qu’j’réponds pas,

Mais dis-toi qu’j’ai juste pris la voiture et qu’j’suis parti,

Que j’conduis la vitre ouverte, dans la nuit éclairée par la voie lactée,

Je sais bien qu’tu comprends pas, mais peu importe le résultat,

Ça change rien à l’amour que j’ai pour toi, j’t’assure

Et un jour elles se r’ferm’ront tes blessures.

J’te d’mande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas t’faire de mal, j’voulais pas,

J’pensais pas qu’ça irait aussi loin cette histoire,

J’ai pas fais gaffe, ça m’arrive parfois,

J’te demande pardon, pardon, excuse-moi,

J’voulais pas te faire de mal, c’était pas contre toi,

Mais même si c’est vrai qu’on peut plus s’voir,

J’suis encore là tu sais, et j’veille sur toi.

Je suis l’souffle du vent,

Je suis la pluie sur tes fenêtres,

Je suis les courants d’air qui font claquer les portes,

Je suis les craquements du parquet que la nuit emporte,

Je suis le chat qui passe en silence sous l’faisceau d’un lampadaire,

Je suis les premières neiges,

Je suis la lune qui éclaire la mer,

Je suis les odeurs de l’hiver,

Je suis l’fracas des vagues contre la jetée,

Je suis l’cri des goélands,

Je suis les embruns sur les rochers,

Je suis tes voiles qui frémissent,

Je suis l’eau vive qui court contre la coque de ton canot qui glisse,

Je suis les parfums de Genet et d’Agen au printemps,

Je suis les bans d’sables qui découvrent,

Je suis l’orage, le soleil qui perce entre les nuages,

Je suis les gouttes sur ton visage, je suis la vie autour de toi.

Fauve Azulejos

Encore le même matin

Encore le même réveil

Seul dans les draps sales, putain

Dans les draps sales de mon sommeil

Encore rêvé d’mes dents qui tombent

Cette fois ci y avait aussi des morceaux d’ongles

Du sang séché

L’autre fois j’ai vomi du verre pilé

Je finirai par me les limer – mais plus tard, plus tard

Pour l’instant je tâte ces dents désunies par le tabac

Du bout de ces doigts jaunis par le tabac

Je sens cette haleine vieillie par le tabac

Sortie par ces lèvres qui veulent plus rien avaler

Ou seulement deux trois fièvres, des canettes et des pots délavés

Dans ces nuits

En chien de fusil

Quand mes os apparaissent translucides

Quand mon cœur tape et perce, limpide

Contre ma peau

Encore les mêmes larmes

Et moi je me surprends à les faire tomber sur la cigarette qui diffuse

Je passe mon temps à pleurer n’importe quand

Pleurer dans mon lit, pleurer sur ​​les chiottes, pleurer sous la douche

Mais surtout pas devant les autres, non, ce serait être salaud

Y’a que les écrivains qui savent rendre ça beau

Tout ce que je peux faire c’est de passer la journée à brûler comme une braise

Brûler comme une braise, le cul vissé sur ma chaise, à faire

Ces minables sourires qui puent l’encens

Ces sourires jaunes d’arnaqueur, avec toujours ces dents et ces lèvres sans couleurs, et cette langue si sèche collée contre mon palais

J’arrive à peine à sortir des râles

Je préfère encore tordre mon visage pâle et me racler la gorge et déglutir dans la grille de l’évier mes crachats noirs, mes soupirs, et puis me regarder dans la glace me tâter la gueule, me tâter les gencives

Je voudrais

Je voudrais me casser la gueule, me casser les gencives

Pour secouer le sac à geindre que je suis

Si ça s’évapore pour rejoindre le néant

Si ça devient tout, c’est le temps

Le temps seul qui finit par le dire:

Une relation, c’est un potentiel laissé à l’avenir

Mais pour moi, le ciel s’est posé comme un couvercle

D’un simple geste, elle a refermé le cercle

Et tout ce qui me reste c’est un empire de vent et de poussière

Où l’on ne sait pas rire, où l’on ne connait que la pierre

La ville n’est qu’un charnier, peut-être une île, rien d’autre à faire

Que regarder se vider à côté des autres ses plaies, et les fêlures de ses côtes

Mais pourquoi est-ce qu’il faudrait encore que je saigne?

Je me sens déjà suffisamment vidé

Il a fallu qu’elle se souvienne qu’elle ne m’aime plus

Le seul désir qu’elle m’a laissé c’est de dormir avec mon frère

Tout ira bien – la douleur vient, la douleur passe

On y arrive

Même les déchets remontent à la surface

On se lève un matin sans cette odeur rance, cette odeur d’encore

On se rend compte que la souffrance vaut toujours mieux que la mort

C’est moins définitif aussi

J’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie j’ai pas envie qu’on trace encore le périmètre de ma vie

Il m’reste encore quelques kilomètres et quelques envies

J’peux encore m’en aller rouler loin dans les fumées

Jusqu’à ce que la voûte devienne bleue

Et j’peux encore choper des croûtes, me brûler les yeux

À mater le soleil décliner

Peut être que tu le trouves moche

C’est vrai qu’on y trouve que de la cendre, que de la roche

N’empêche qu’y m’reste encore mon empire de vent et poussière qui n’est pas à vendre

J’y suis roi et j’y dors, j’y suis tellement fier

Le cul posé dans le froid sur mon trône de pierre

Même que j’m’y balade encore

Libre et la bite à l’air

Fauve Kané

OK, d’accord

T’es pas un modèle de vertu

Et puis c’est vrai que t’es pas non plus

Un coup en or

D’ailleurs, si on regarde ton corps

Quand tu te mets à poil

Faut bien avoue que tout nu

T’es pas vraiment l’homme idéal

J’ai aussi appris que tu rêvais

D’être Lennon ou McCartney

Qu’est-ce que tu veux, mon vieux?

T’as fait de mon mieux, ça s’est pas fait

Et puis on m’a dit que la nuit

Tu cherchais à revendre ton âme au Diable

Pour qu’il te rende moins laid

Plus fort, aimable et stable

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le répéterai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

Je sais, je sais

Tu fais parfois du mal aux gens

Parce que t’es pas toujours le mec

Le plus loyal

Ni le plus franc

Déjà qu’en temps normal

T’es un peu pas normal, justement

Mais en plus, quand tu bois

Tu deviens rapidement assez sale

Limite flippant

Ça t’arrive aussi d’être un peu

Libidineux

Quand t’es pas carrément insistant

De faire des trucs pas très élégants

Pour t’excuser le lendemain

Piteusement

Et puis tes coups de sang, tiens

On pourrait en parler aussi

Quand tu sors les crocs

Sans crier gare

Pour un rien

Et contre n’importe qui

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le réputerai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

T’as peur de tout

C’est à peine croyable

Tu bloques sur un nombre de choses

Absolument incalculable

Ça dure depuis tellement longtemps

Je sais pas comment tu fais

Pour dérouiller autant

Même si je crois quand même

Qu’à la longue, ça t’a un peu abîmé

En dedans

D’ailleurs on t’entend parfois dire

Des choses étranges

Des trucs pas nets

De parler à l’envers Et de raconter des histoires

Sans queue ni tête

T’es devenu bizarre

Imprévisible

Déconcertant

Branque

Cryptique

Certains disent même

Qu’ils t’ont vu à ta fenêtre le soir

Parler aux satellites

Pourtant t’es beau, comme une comète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Et quand bien même

Y aurait que moi

Tu peux pas t’en aller comme ça

Parce que t’es beau

Comme une planète

Je t’ai dans la peau, je t’ai dans la tête

Je te le répéterai

Tant qu’il faudra

Tu peux pas t’en aller comme ça

Et puis tu feras quoi, cané, dis-moi?

T’auras l’air fin

Ça sert à quoi, caner, dis-moi?

Ça sert à rien

Fauve Révérence

Minuit passé déjà, le feu s’est éteint

Et je sens le sommeil qui gagne du terrain

On ne doit pas trop tarder

Tout à l’heure il faudra se lever aux aurores

Et partir

Mais avant de m’endormir contre vous

Permettez-moi d’incliner la tête et le haut de mn corps

D’ouvrir mes mains et de vous rendre hommage

Dorénavant je suis votre, je me fait votre serviteur

Désormais vous avez mon coeur, ma voix ma tête bonde

Mon corps encore jeune

Mes mots, mes jolis mots

Ceux que j’essaie d’écrire

Mon histoire, mon avenir

Mes fantômes, mes faits, ma lumières, mes baisers

Et toutes ces choses au fond qu’il faut sortir

Mes secrets, ma rage avec ma bave aux lèvres

Ma hargne, ma folie, mon courage peut-être

Mes rires profonds, mes cris de joie, mes cris de guerres, mes coups de sang, mes coups de poing, ma mystique

Tout est à vous

Ma chaleur, mes mains, mes triques, mes saillies, ma queue, mes nuits

Tous mes ornements, des mes bagues à mon colliers

De ma lame à mon armure

Et mon palladium et mes arcanes

Prenez aussi ma fortune, mes coups du sort, mes coups de cocu

Mes aubaines et mes peines avec, mes combats

Mes victoires, mes succès, mes défaites

Mes causes perdues, mes batailles gagnées, mes blessures apaisées

Ma parole, mon honneur, tout est à vous

Tout est à vous

Tout est à vous

Vous qui avez calmé ma tête

Aujourd’hui tout est changé

Les images ont du mal à passer les portes, grâce à vous

Vous ma promesse, mon vaisseau, ma garde, mon escorte

Mon tableau, ma prière, mon baptême

Mon branle-bat, mon qui-vive, ma corne de brume

Ma ligne de vie, mon clan, mon ordre

Mon rang, mon calme plat, mon continent

Vous mon monde, ma nation, ma terre, mes collines, mes hauteurs, mes océans, ma jungle et mes forêts

Avec les fleurs des champs, mon aurore boréale

Mon amour, mon mariage, mon chandelier

Tout est à vous

Vous mon flambeau, mon feu de bengale, mon bouclier

Mon tonnerre, mon ciel

Ma foudre, mes ailes

Mon pardon, mon crystal, mon métal précieux enfoui

Vous mon pavois, mon grand pavois

Mon étendard, ma bannière, mon blason

Mon drapeau mon zénith, mon torrent, mon déluge

Ma steppe, ma pleine

Vous mon empire, mon système, mon roi, ma reine

Tout est à vous

Tout est à vous

Minuit passé déjà

Le feu s’est éteint et je sens le sommeil qui gagne du terrain

Je vais m’endormir contre vous, respirer doucement

Parce que je sais où nous allons désormais

Mes soulliers me portent

J’ai plus peur

Fauve Rag #3

Vieux frères

J’suis encore arrivé en retard ce matin

Comme hier, comme avant-hier, comme tous les jours depuis 3 semaines

Il est à peu près 11 heure

Et j’dors encore sur mon clavier

J’ai l’nez dans la manche de ma veste pas lavée

Qui dégage une odeur bizarre

J’fais semblant à un point et c’est devenu absurde

J’suis vraiment une imposture

Et aujourd’hui encore j’vais mettre en marche le simulateur de travail

Pour envoyer des bouteilles aux autres vieux frères et aux belles

Qu’est-ce que j’fou là? Où est-ce que j’vais?

Est-ce que ça va être ça ma vie rester 40 ans sur les mêmes rails?

Mais j’serai jamais assez fort

J’aurai jamais les épaules

J’arrive plus à suivre

J’ai déjà des points de côté des deux côtés

Heureusement ce matin c’est un peu différent

C’est grâce à ce qui s’est passé hier soir quand on était ensemble

Quand on était ensemble avec les autres vieux frères

Dans les mots dans les bruits les tambours les échos et les images

Et qu’on a avancé sans baisser la tête

Qu’on a pu transpirer et crier

Sans contraintes sans retenus sans craintes

C’était impensable de vivre ça

D’avoir le droit de sortir ce qu’on avait dans notre tête depuis tout ce temps

Ces choses dont on pensait que tout le monde se foutait

Ca m’a fait du bien

Ca m’a fait du bien parce que c’était vrai

Parce que c’était sincère

Parce que c’était nous vieux frères

Fauve Voyous

Barre-toi

casse-toi je t’ai dit

Qu’est-ce qui te faut de plus? T’en n’as pas vu assez?

Et arrête de me regarder comme ça

T’as rien écouté

t’as rien compris

Comment je dois te le dire pour que ça imprime?

Écoute pauvre conne

Je suis pas quelqu’un de bien

je suis pas une belle personne

Je suis une sale bête

une bouteille de gaz dans une cheminée

Et je vais finir par te sauter au visage si tu t’approches trop

Comme ça a fait avec les autres

Mais tu sais pas de quoi tu parles

j’ai essayé ça sert à rien

On change pas

on change jamais

et quand bien même

De toute façon

ici y a pas de deuxième chance

on n’efface pas les ardoises

Me dis pas que t’es pas au courant

T’as pas vu? C’est imprimé partout

dans les journaux

Sur les écrans

dans le regard des gens

C’est même écrit en grand sur les immeubles

la nuit

Quand les gens biens comme toi sont endormis

C’est marqué en rouge: “Tu nais comme ça

tu vis comme ça

tu canes comme ça

Seul

à poil

face à ton reflet

avec ton dégout de toi-même

ta culpabilité et ton désespoir

Comme seuls témoins”

Non crois-moi

tu veux vraiment pas que j’aille plus loin

Parce qu’au mieux ça t’empêchera de dormir

au pire ça te donnera envie de me cracher à la gueule

Alors avant que je me transforme encore une fois

Pars en courant

fuis-moi comme le choléra

Non

j’ai braqué personne

planté personne

buté personne

Mais je suis un voyou

c’est comme ça qu’on dit

tout simplement

J’ai fait des choses que je regrette suffisamment

Suffisamment pour y penser tout le temps

Je pourrais te donner un million

de bonnes raisons

pour qu’on m’attrape

qu’on me casse les genoux

et qu’on me cloue au pilori

Et si

un jour on vient me chercher

je résisterai pas

je sortirai les mains sur la tête

sans faire d’ennuis

Mais avant que ça arrive

je voudrais que tu saches

que j’ai compris

que je passe mes nuits

entre cachetons et insomnies

Et que je vais me battre

pour reconstruire

un apprenti repenti

et tant pis

si ça me prend toute une vie

Pardon? Que je parle un peu moins fort? Ah on vous dérange en fait merde…

Et bah si on te dérange tu te casses

ou sinon tu fermes ta gueule

Tu regardes ton assiette et tu nous fous la paix

Cinq minutes

le temps que je termine

Tu peux faire ça?

Qu’est-ce qu’il y a? Ça te gêne qu’on te coince comme ça devant tout le monde?

Bah ouais c’est chiant

je comprends mon gars

Mais dis-toi que t’as de la chance toi

toi t’es né bien comme il faut

T’es solide

t’es cohérent

tu mets personne mal à l’aise dans les restaurants

Tu dors bien sur tes deux oreilles

t’es un bon petit français

t’es beau

t’es bien

Comme un magazine de déco

comme une maison témoin

Ça t’arrive pas ces choses-là hein? Tu vois absolument pas de quoi je parle

Et bah ouvre pas trop la porte de ton placard

alors

tu pourrais être surpris

Ça va te faire tout drôle

le soir où les choses que tu pensais avoir enfouies

Te font savoir qu’en fait elles étaient là

juste là

planquées sous le tapis

Elles sortent une main

puis te plantent une seringue dans le pied avant de disparaitre

Et alors là

ça te prend à la gorge

comme des odeurs d’ammoniaque

Ça te colle des sueurs froides

t’as les dents qui claquent

Non je me calme pas

je me calme pas

il sait pas ce que c’est lui

D’être un crevard

d’être mal foutu

d’être une crasse

un pantin

D’être le terrain où le bien et le mal s’affrontent

il sait pas ce que c’est

Non

j’ai braqué personne

planté personne

buté personne

Mais je suis un voyou

c’est comme ça qu’on dit

tout simplement

J’ai fait des choses que je regrette

suffisamment

Suffisamment pour y penser tout le temps

Je pourrais te donner un million

de bonnes raisons

pour qu’on m’attrape

qu’on me casse les genoux

et qu’on me cloue au pilori

Et si un jour on vient me chercher

je résisterai pas

je sortirai les mains sur la tête

sans faire d’ennuis

Mais avant que ça arrive

je voudrais que tu saches

que j’ai compris

que je passe mes nuits

entre cachetons et insomnies

Et que je vais me battre

pour reconstruire

un apprenti repenti

et tant pis si

ça me prend toute une vie

Comment est-ce que tu peux

penser que tu tiens à moi

Si moi-même j’y tiens pas?

Pourquoi tu dis que tu m’aimes

alors que moi-même je me déteste?

Pourquoi t’es là? Pourquoi tu restes?

Comment est-ce que tu peux

penser que tu tiens à moi

Si moi-même j’y tiens pas?

Pourquoi tu dis que tu m’aimes

alors que moi-même je me déteste?

Pourquoi t’es là? Pourquoi tu restes?

Non

pas ce soir

pas ce soir

laisse-moi s’il-te-plait

Non

je veux pas y aller

je veux pas rentrer

je veux pas dormir

Et surtout

non je veux pas parler

Ce soir je veux juste hurler

j’ai besoin d’ouvrir les vannes

tu comprends

De tout lâcher

comme un puceau qui ment

De hurler mes mots pesants

avec ma voix d’adolescent qui a jamais mué

De hurler

ma peur de l’abandon

ma recherche frénétique d’attention

Mon besoin de reconnaissance en permanence

comme un chien des caresses

Mes tentatives désespérées de me faire passer pour un mec que je suis pas

Et que je serai probablement jamais

De hurler

mon absence de courage

ma cruauté

ma politesse maladive

mon optimisme débile

Mon zèle dangereux

mes réflexes à la con

mes accès de colère

ma culpabilité bidon

Ma sexualité en vrac et mes fantasmes tordus

De hurler

ma peur panique des autres

ma mesquinerie sournoise

mes regrets

mes erreurs

Mes névroses

mes obsessions

mes méta obsessions

Ma phobie de la douleur

de la perte

du suicide

de la dépression

Une tête de déporté

Dans ma bouche comme un gout de sang

Et des murs sales autour de moi

J’ai l’impression d’être en HP

je me fais cogner par mes regrets

Ma santé mentale me fait des doigts

Il faut que je sorte de dégrisement

Que je récupère ma vie d’avant

mais à quoi bon prendre un ticket?

Si c’est pour me faire crosser

par des conards

sans âme et sans valeurs

À quoi bon se forcer à tricher?

J’appréhende le “Encore toi?” de ma mère

Et le regard effrayé de mon frère

Y aura personne pour m’épauler

à part le sourire de l’épicier

Lui acheter 2-3 pierres

Avant de passer la nuit dehors

avec haine

rage et remords

Et t’inquiète pas

je perds pas le nord

Même si l’autre dit partout que je vaux pas mieux qu’un voyou

Elle a ressorti les vieux dossiers

et rien à foutre

Que je lui répète qu’elle sait pas tout

Je te parle pas de ceux qui font pas mieux

Ceux pour qui ça fait longtemps

que mon nom est devenu tabou

Et quand je suis là ils font semblant

alors qu’en vrai ils rêveraient de me tordre le cou

Faut dire que les mensonges

ont pas arrangé le coup

Les langues de pute

en ont fait tout autant

C’est jamais tout le temps noir

ni tout le temps blanc

Malgré ça

même si je suis dépassé

que je dors plus

J’essaie de tirer des nouveaux plans

De quoi me refaire

reprendre de l’air

de l’altitude

Trouver une fille bien et sortir de ma brume

Peu importe ce que tu m’opposes

Je ferai mes armes tout seul

Je veux qu’on me parle bien et qu’on m’estime

Pour ce que je suis

éviter à tout prix

Ce modèle de défaite qu’on m’a prescrit

Car quoi de pire que ce putain de trio

Métro

boulot

dodo

Quand t’as déjà pensé à la fin?

Mais t’acceptes pas

de voir le monde tourner sans toi

Même si parfois tu sais très bien

Que t’en es pas très loin

Y a pas de saints ici-bas

non

Juste des mecs comme toi et moi

Qui veulent tromper le Tout-Puissant

Sous des apparences de vauriens vraiment pas séduisants

On fait quoi?

On crame chaque jour comme des condamnés

Parce qu’on a tous peur du jugement dernier

Non

j’ai braqué personne

planté personne

buté personne

Mais je suis un voyou

c’est comme ça qu’on dit

tout simplement

J’ai fait des choses que je regrette

suffisamment

Suffisamment pour y penser tout le temps

Je pourrais te donner un million

de bonnes raisons

pour qu’on m’attrape

qu’on me casse les genoux

et qu’on me cloue au pilori

Et si un jour on vient me chercher

je résisterai pas

je sortirai les mains sur la tête

sans faire d’ennuis

Mais avant que ça arrive

je voudrais que tu saches

que j’ai compris

que je passe mes nuits

entre cachetons et insomnies

Et que je vais me battre

pour reconstruire

un apprenti repenti

et tant pis

si ça me prend toute une vie

Fauve T.R.W.

J’ai jamais vécu de “Happy Ends” ailleurs que dans

Des salons de massages douteux d’Asie du Sud-Est

J’ai pas besoin de tes faux miracles

En plastiques Ni que tu me serves des

Five-Timers romantiques au rabais

Je veux pas de tes mauvaises

Contrefaçons de sentiments Il me faut du

Vrai Du complexe Du diamant 24 carats

Alors Sauf ton respect Mets-toi au cul tes

Scénarios bidons ceux qui

Embarquent la peau avec quand ils prennent

Feu Façon nylon Façon made in China

Tu peux garder tout ça Cette fille dans

La publicité m’aimera jamais Même si

T’essaies de me la faire à chaque fois

Tori Black non plus me baisera pas Elle baise plus

En dehors des plateaux Quand elle rentre Elle est

Fatiguée Elle écrase C’est normal C’est pas grave

Et merde Amenez-moi de la raide Du

Rouge Du Seroplex Ou même les trois

Si ça marche pas Je peux encore taper dans

Le liquide de refroidissement Les escorts

Girls J’y lâcherai tout mon compte Tout

Ce qu’il faut Tant que tu fermes ta gueule

J’ai pas besoin de mon horoscope Ni de

Matériel de bureau Nickel Ni de la

Vitesse de la lumière Ni d’une nouvelle

Voiture plus intelligente que moi

Ni d’une nouvelle conscience ni d’un meilleur

Cerveau Ni d’un nouveau moi-même Nouveau

Quand bien même je saurai quoi en foutre

J’ai pas besoin de problèmes de

Santé Et encore moins de nouveaux

Défis J’ai déjà tout ce qu’il faut Merci

Alors arrête de me parler Comme à un abruti

Je veux pas qu’on me serve la

Purée Ni qu’on me fasse les lacets

Et puis ton truc c’est mal fait Tu trouves pas?

Mais regarde-toi: Tu fous le bourdon On a envie

De se jeter d’un pont Tellement t’es con Avec

Tes machines Tes petites machines dans ta tête

Pareil tes traits grossiers Tes faits

Tranchés Tes choses trop simples pour être honnêtes

Mets tes couilles sur la table Tiens

Au moins une fois Dans ta vie

Crache ta valda Remonte ton froc T’as le cul qui fuit

Et boucle-la Ça fait comme un

Bruit blanc C’est épuisant bordel

On s’entend plus penser

Faut sucer qui Pour que tu nous foutes la paix?

Au passage tu peux aussi

Rembarquer tes diagnostiques de rebouteux foireux

Par exemple: Julien n’est pas un “Commis

Démissionnaire ” Ni aucun autre de tes raccourcis

Julien rêve de mer turquoise Du calme et de poésie

Comme beaucoup d’autres Il n’est pas un

Schéma Ni un animal C’est pas un objet

Julien est complexe Il se dope

Gentiment Va en boîte Caresse son collègue

Dont il est amoureux fort Dans les cuisines

Julien a besoin de ses profond

Et moi j’ai pas une envie débordante de

Fumer la gueule de mon voisin

D’ailleurs je crois bien que c’est pareil pour lui

Alors te donne pas de peine

Reprends ta merde Tes dernières haines Ravale ton

Venin Tes hantises Tes psychoses Ça me sert à rien

J’ai pas besoin de nouvelles peurs Ni de

Nouveaux cauchemars Ni de nouvelles tocades

J’ai déjà largement donné C’est bon Là

Et puis tu veux que je mette ça où? J’ai pas la

Place Nulle part… Mais que dalle je te dis!

Alors Remballe Remballe et tire-toi loin d’ici

Tu me feras pas croire que l’autre est un

Enculé Puisque l’enculé Il est en moi

Et au passage T’as le même chez toi

Donc tu me verras pas sauter sur mes semblables

Et tu me mettras jamais derrière un flingue Ou uniquement

Uniquement Si t’as des chances de passer devant

Peut-être que la vie est une chienne

C’est vrai qu’on entend ça parfois

En attendant Moi je vois Des milliards de choses

Douces et belles C’est pas du sable artificiel

C’est du métal Très solide Comme le parfums des

Fleurs Je vivrai pas sous le règne de ta terreur

Fauve Blizzard

Tu te demandes si tu es une bête féroce ou bien un saint

Mais tu es l’un, et l’autre. Et tellement de choses encore

Tu es infiniment nombreux

Celui qui méprise, celui qui blesse, celui qui aime, celui qui cherche. Et tous les autres ensembles

Trompe-toi, sois imprudent, tout n’est pas fragile

N’attends rien que de toi, parce que tu es sacré. Parce que tu es en vie

Parce que le plus important n’est pas ce que tu es, mais ce que tu as choisi d’être

Oh qu’est-ce que tu fais? Arrête!

Qu’est-ce qu’il te prend de faire des trucs pareil?

Pourquoi tu te fais du mal comme ça?

Qu’est ce qui ne va pas? Parle-moi, tu sais que tu peux tout me dire

Mais nan mais c’est des conneries tout ça tu le sais

Regarde-moi dans les yeux. Regarde-moi. On s’en branle, c’est pas important

Moi je te trouve magnifique. Depuis la première fois que je t’ai vu

D’ailleurs, je ne m’en suis toujours pas remis

Et puis comment je ferais sans toi moi?

Et puis comment l’univers il ferait sans toi?

Ca ne pourra jamais fonctionner. C’est impossible

Alors faut pas pleurer! Faut pas pleurer. Parce que ça va aller je te le promets, ça va aller

Parce qu’on est de ceux qui guérissent, de ceux qui résistent, de ceux qui croient aux miracles

Pas de ceux qui disent que lorsque les tables bougent, c’est que quelqu’un les pousse du pied

Mais un jour tout ça on n’y pensera même plus

On aura tout oublié, comme si ça n’avait pas existé

En attendant passe tes bras autour de mon cou si tu veux

Pendant que je te répète ces phrases qui nous donnaient de l’élan

Tu te souviens?.. Tu te souviens?

Tu nous entends le Blizzard? Tu nous entends?

Si tu nous entends, va te faire enculer

Tu pensais que tu allais nous avoir hein?

Tu croyais qu’on avait rien vu?

Surprise connard!

Tu nous entends la Honte? Tu nous entends?

Si tu nous entends fais gaffe quand tu rentres chez toi toute seule le soir

On pourrait avoir envie de te refaire la mâchoire avec des objets en métal

Ou de te laver la tête avec du plomb, qu’est-ce que t’en dis?

Tu nous entends la Tristesse? Tu nous entends?

Si tu nous entends, c’est que toi aussi, tu vas bientôt faire ton sac

Prendre la première à gauche, deuxième à droite, puis encore à gauche et aller niquer ta race

Félicitations! Bravo!

Tu nous entends la Mort? Tu nous entends?

Si tu nous entends sache que tu nous fais pas peur, tu peux tirer tout ce que tu veux

On avance quand même, tu pourras pas nous arrêter

Et on laissera personne derrière, on laissera personne se faire aligner

Tout ça c’est fini!

Tu nous entends la Dignité? Tu nous entends?

Si tu nous entends sache qu’on a un genou à Terre et qu’on est désolés

On est désolés de tout ce qu’on a pu te faire, mais on va changer!

On va devenir des gens biens, tu verras!

Et un jour tu seras fière de nous

Tu nous entends l’Amour? Tu nous entends?

Si tu nous entends, il faut que tu reviennes parce qu’on est prêts maintenant, ça y est

On a déconné c’est vrai mais depuis on a compris

Et là on a les paumes ouvertes avec notre cœur dedans

Il faut que tu le prennes et que tu l’emmènes

Tu nous entends l’Univers? Tu nous entends?

Si tu nous entends, attends-nous! On arrive

On voudrait : tout comprendre, tout savoir, tout voir, tout vivre

On cherche la porte du nouveau monde pour pouvoir s’y fondre en grand

Tu nous entends toi qui attends? Tu nous entends?

Si tu nous entends souviens toi que t’es pas tout seul. Jamais

On est tellement nombreux à être un peu bancals un peu bizarres

Et dans nos têtes il y a un blizzard

Comme les mystiques losers au grand cœur

Il faut qu’on sonne l’alarme, qu’on se retrouve, qu’on se rejoigne

Qu’on s’embrasse, qu’on soit des milliards de mains sur des milliards d’épaules

Qu’on se répète encore une fois que l’ennui est un crime

Que la vie est un casse du siècle, un putain de piment rouge

Nique sa mère le Blizzard

Nique sa mère le Blizzard

Tout ça c’est fini

Fauve Cock Music Smart Music / Rag #1

Je revois encore Dan m’expliquer sa théorie

En s’agrippant fermement l’entrejambe

Il me disait comme ça, avec cet accent que je t’épargne:

“Il faut distinguer le Cock Music et le Smart Music tu vois

Rolling Stones, Pixies, AC/DC, Guns’n’Roses, et cætera, et cætera…

C’est une question de génération mon p’tit gars!”

Ok, il a peut-être raison, je ne sais pas

Il y a quelque chose d’ironique dans tout ça

Comme si une fois, le Big Magnet s’était dit:

“Tiens Pierrot amène-toi, amène-toi qu’on rigole!

Tiens, tu le vois l’autre taré en bas?

Eh bien moi j’ai décidé que pour les cent prochaines années

Il avancera les yeux bandés.”

Et Pierre de répliquer:

“Seigneur, soyez pas pute

Laissez-lui au moins un des indices par-ci par-là, j’en sais rien”

Et il en fût ainsi

Depuis. Depuis…

[Refrain:]

Jour et nuit, je traque les épiphanies,

Avec la rage d’un mercenaire sous crack

D’un alcoolique en manque de Jack,

D’un dément, d’un amant qu’on plaque

Jour et nuit, je traque les épiphanies

Avec la rage d’un mercenaire sous crack

D’un alcoolique en manque de Jack

D’un amant qu’on plaque

D’un dément qu’on claque

Je revois encore Matthieu

Et les étoiles dans ses yeux

Entre deux cigarettes

Fumées à la fenêtre de ma chambre

Il me disait comme ça:

“Mon vieux, tu savais que le verbe cristallisait la pensée?

Je te jure, un mot sur une idée foireuse

C’est exactement comme un baiser

T’as pas remarqué?”

C’est une question de perception

Et au fond, je sais qu’il a raison

Il y a quelque chose de mystique dans son affaire

Pouvoir ramasser les mots par terre

Et les jeter comme des pierres

Contre les parois plongées dans le noir

Pour en faire sortir les choses qui blessent

Grâce à la parole, réussir à s’armer

Contre les sales pensées, et faire des plans

Serrer les poings, serrer les dents

Les cogner, leur rentrer dedans

Essayer d’attraper les syllabes à la volée

Pour en faire des bougies qui éclairent

Et qu’on placera sous les paupières;

Ou des jolis bouquets

Pour une fille qui nous plaît

Finalement c’est pour ça que j’écris

[Refrain]

Je revois encore Thibault éclairé par le halo

De la lampe à pétrole

Il me disait comme ça

Entre les vapeurs d’alcool:

“Tu sais qu’on peut flotter au-dessus du sol

Rien qu’avec la parole?

Je te jure! On faisait ça quand j’étais enfant

Sur le terrain vague derrière chez mes parents”

C’est juste une question de conviction

Et je prie pour qu’il ait raison

Il y a quelque chose de magnifique dans son histoire

De savoir que si tout foire

Il nous en reste dans les tiroirs

Grâce à eux, eux qui ont reçu le feu sacré

Qui permet de tout voir

Eux, les machines à observer

Les machines à mettre des mots sur tout

Eux, qui écrivent plus vite que la pensée

Et avec ça, ils agrandissent la vie

Ils font apparaître les fils

Qui relient toutes les choses entre elles

Et ça leur donne le courage de tout affronter

Même la Kolyma.

En attendant moi…

En attendant moi quoi?

Moi j’ai rien vu, rien lu

Rien entendu et surtout rien compris

Mais ce n’est pas grave, je t’attends, tant pis

[Refrain]

La parole comme vaccin contre la mort

La parole comme rempart contre l’ennui

Parler, parler, parler encore

Parler pour affronter la nuit

La parole comme vaccin contre la mort

La parole comme rempart contre l’ennui

Parler, parler, parler encore

Parler pour affronter la nuit