Orelsan Notes Pour Trop Tard

Ok, j’avais ton âge y’a à peu près ton âge

Le passage à l’âge adulte est glissant dans les virages

Devenir un homme: y’a pas d’stage, pas d’rattrapage

Maintenant, t’es dans l’grand bain, devine comment on nage

T’auras toujours une espèce de rage, envie d’prendre le large

D’éclater les types qui jouent d’la guitare sur la plage

Comme à chaque fois qu’tu déménages, c’est un monde qui s’écroule

Écoute, l’histoire s’écrit en tournant les pages

Écoute

J’ai pris quelques notes

Si t’as l’impression qu’personne te comprend, c’est parce que personne te comprend

C’est plus facile à vivre une fois qu’t’en es conscient

Comment tu peux leur en vouloir? Tu t’comprends pas toi-même

Souvent seul avec tes problèmes, souvent, c’est toi l’problème

La plupart des conseils d’adultes sont des clichés d’merde

Parce qu’ils ont pas compris l’jeu mais ils suivent les règles

Alors écoute pas trop tes parents, fais semblant

Ils ont pas la science infuse, t’es leur premier enfant

Tu perdrais tellement d’temps à batailler

Y’a des combats qu’tu peux pas gagner, surtout quand tu paies pas l’loyer

Fais-toi une raison, y’a très peu d’raisons d’foutre la merde

Dans sa propre maison, même quand t’as raison

Si y’a une chose que tu dois pas remettre en question

T’es plus intelligent qu’avant mais t’es toujours très con

T’es trop sensible, tu vis tout comme une agression

Demande à un fou s’il est fou et tu verras c’qu’il t’répond

Autre chose que tu dois savoir: tu baiseras pas, c’soir

Une fois qu’t’auras compris ça, ça t’enlèvera un poids

Parce que t’as beaucoup trop la dalle et ça va s’voir

Parce que t’es beaucoup trop timide, tu vas beaucoup trop boire

Apprends à la fermer, t’auras l’air mystérieux

Apprends à t’vendre un peu mieux, tu baiseras dans un mois ou deux

C’est toujours le même style de fille don’t tu tombes amoureux

Tu sais, le style de fille qui t’rend malheureux

Donc fais pas la pleureuse le jour où elle t’brise le cœur

Sur la longueur, t’économises des pleurs

Ensuite, t’auras peur de t’investir, tu t’diras qu’c’est mieux ailleurs

Qu’chez toi, tu vas rater l’meilleur de c’que t’as déjà

En gros, tu couches avec ta meuf en pensant à une autre

T’as pas kiffé

Tu penses à elle quand tu couches avec l’autre une fois qu’elle t’a quitté

Okay

T’empêcheras jamais les gens d’parler

Et, comme t’es chelou, y’a p’t-être moyen qu’les gens veuillent te frapper

Tu peux faire des pompes, tu peux apprendre à t’battre

Mais même musclé, ça fait toujours mal de prendre une droite

Ton cerveau et ton ego fonctionnent à l’envers

Plus tu cherches à prouver quelque chose, plus ça fait l’contraire

Quand tu dis qu’t’as pas peur, c’est qu’t’as peur

Quand tu dis qu’t’as pas mal, c’est qu’tu commences à sentir la douleur

Connais ta hauteur, va pas t’surclasser

Tu verras, des fois, tu perdras contre des gars qu’tu trouvais nuls à chier

Bien sûr, la vie est injuste

Si t’aimes pas les lois, sois pas un putain d’juge

Ne crois pas les insultes, y’a pas d’race pour être un bâtard

Pour être un fils de pute, pas besoin d’avoir une daronne sur un trottoir

Y’a pas d’sexualité pour être un enculé

Plus tu réagis, plus on dirait qu’tu t’sens visé, laisse glisser

Les meilleures blagues sont les plus méchantes ou les plus bêtes

Mais les pires êtres humains sont des losers cruels

T’en prends jamais au plus faible, garde les vannes dans un coin d’ta tête

Ça rentrera dans un texte, dans un film ou dans un sketch

L’école est un calvaire, y’a pas grand-chose à faire

Arrêter, c’est partir trop tôt dans une autre galère

Tèj’ ton sac-à-dos en l’air, t’auras l’poids d’la société sur les épaules

Un patron, ton père et ta mère

Trois-quarts des cours servent à rien

Mais les actrices de boule en soient témoins: rien branler fait qu’éloigner la fin

Tu dis qu’on verra bien, tu fais l’malin mais t’es fragile

Comme le dépistage, tu regrettes à l’examen

L’école est un filtre qui rend tout très chiant

Comme les films en noir et blanc: le plus dur, c’est d’rentrer dedans

C’est plus dur quand t’appréhendes, comme ta première fois

J’fais des métaphores sexuelles depuis tout à l’heure parce que tu penses qu’à ça

Dis-toi qu’les latinas sont les plus bonnes du monde

Écoute en espagnol, dis-toi qu’en chimie tu pourrais faire d’la drogue

Arrête d’apprendre par cœur des trucs que t’as pas compris

Et, en philo, t’étais pas censé raconter ta vie

Ah oui, personne t’oblige à fumer d’la weed

En fait, ça marche mieux sur les hyperactifs

Être défoncé, c’est même pas la partie qu’tu préfères

Quand t’es déchiré, tout c’que tu fais, c’est faire semblant d’être clair

La partie qu’tu préfères, c’est partir en bande à Jardiland

Voler du bambou et fabriquer un bang

T’as juste besoin d’une passion

Donc écoute bien les conseillers d’orientation et fais l’opposé d’c’qu’ils diront

En gros, tous les trucs où les gens disent: “Tu perds ton temps”

Faut qu’tu t’mettes à fond d’dans et qu’tu t’accroches longtemps

Si tu veux faire des films, t’as juste besoin d’un truc qui filme

Dire: “J’ai pas d’matos ou pas d’contact”, c’est un truc de victime

On t’dira d’être premier, jamais d’être heureux

Premier, c’est pour ceux qu’ont besoin d’une note, qu’ont pas confiance en eux

T’es au moment d’ta vie où tu peux devenir c’que tu veux

Le même moment où c’est l’plus dur de savoir c’que tu veux

À part traîner avec ta bande

Surtout pas rater la dernière rumeur, le dernier truc marrant

Honnêtement, tu raterais pas grand-chose si tu partais quatre ans

Quoi que, c’est important, fais d’la merde tant qu’il est encore temps

Pour pas qu’un jour tu te réveilles à quarante ans

Genre: “Putain, j’vais crever mais j’ai jamais kiffé

Ma famille m’empêche de vivre, j’vais devoir les quitter

Pour sniffer en boîte de nuit, trouver des gamines à vampiriser”

J’en vois plein, donc, petit terroriste, va t’éclater

Sors en soirée même si, j’avoue, tu vas t’faire recaler

Tu rentreras la semaine prochaine ou l’année d’après

D’t’façons, t’allais pas baiser, c’soir, si j’dois t’le rappeler

Si tu rentres, prends ton ticket d’vestiaire en photo

Rends-toi compte que tu sais pas boire, t’es mort trop tôt

Quand ça devient une fierté d’te mettre des grandes doses

C’est qu’tu t’attaches à pas grand-chose

Arrête de flipper, si tu veux, va danser

La seule règle sur la piste, c’est: fais pas des trucs que t’as jamais tenté

Si jamais tu t’endors en premier dans une soirée

S’regarder dans la glace, c’est la base dès qu’tu viens d’te lever

Au cas où

Ça t’évitera d’passer les repas d’famille avec une bite dessinée sur la joue

Ces repas d’famille où tu t’ennuies, où on parle très fort

Pour dire des choses très banales, déjà, on s’parle et c’est pas mal

Les vérités sont compliquées, les clichés sont stables

Désolé si y’a pas que des experts à ta table

Tu bloques sur les défauts des autres, et c’est ton pire défaut

La vie, c’est des cycles, c’est pour ça qu’j’retombe sur les mêmes mots

Sois pas parano sur qui sont tes vrais amis

Y’a qu’un seul moyen d’le savoir: laisse le temps faire le tri

J’ai jamais regretté d’demander conseil ni d’appeler quelqu’un

Souvent, tu crois qu’ils sont chelous, c’est juste qu’ça capte pas très bien

La même histoire a plein d’versions

La meilleure façon d’sortir d’une embrouille, c’est d’poser des questions

Arrête de passer ta vie à fuir, angoissé par l’avenir

Parce qu’y’a rien à faire pour s’préparer au pire

Comme les attentats, les mauvaises nouvelles frappent quand tu t’y attends pas

Des proches un peu pressés partiront avant toi

Tu verras des gens heureux prendre un appel

Leur visage se décompose et rien n’est plus jamais pareil

Y’a rien à faire, à part être présent

Panser les plaies, changer les pansements, le seul remède, c’est l’temps

Orelsan Courez Courez

C’est perdu d’avance: j’sortirai mon album en cassette

Rajoute “San” derrière, et devine qui baise ta mère en quatre lettres

J’veux qu’les gosses achètent mon disque en criant : “mon précieux !”

Si t’as pas confiance en moi, tant mieux parce qu’on est deux

J’écris des textes comme si c’était des cours pour les vicieux

J’rappe à la sueur de mes boules, et mes couplets ont un goût délicieux

J’me réveille avec des p’tits yeux, après 19h

Ensuite j’me branle machinalement et j’lis des Hunter-X-Hunter

Les dèps qui disent qu’j’suis homophobe peuvent aller s’faire enculer

Ceux qui marchent pas avec nous peuvent aller s’faire amputer

J’suis complètement fumé comme les grands brûlés

Ma mère trouve mes chansons vulgaires, alors qu’c’était les versions censurées

Petite, essaie pas d’me fréquenter

Ou tu vas perdre ton pucelage avant d’avoir perdu tes dents d’lait

J’ai toujours été une victime mais j’vais m’venger

À moins qu’j’tente le suicide, ou d’refaire ma vie à l’étranger

Quand j’étais petit j’me faisais courser du collège jusqu’à chez moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Y’avait toujours un p’tit bâtard qui voulait m’casser le bras

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Depuis j’considère qu’la Terre entière a une dette envers moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

J’ai trouvé les 7 boules de cristal: priez pour que j’m’en serve pas

Courez courez, vous m’attraperez pas!

J’suis pour de vrai de vrai, j’dis c’que j’pense, j’pense c’que j’dis

Tout ce que j’écris c’est du premier degré, hé!

J’sais qu’j’ai des fans dans c’délire et j’voudrais pas les vexer

Mais quand tu m’compares à des TTC, c’est comme si tu m’manquais d’respect

Les féministes me persécutent, me prennent pour Belzébuth

Comme si c’était d’ma faute si les meufs c’est des putes

Elles ont qu’à arrêter de d’se faire péter le u-c

Et m’dire merci parce que j’les éduque, j’leur apprend des vrais trucs

Des fois j’sais plus si j’suis misogyne ou si c’est ironique

J’serai peut-être fixé quand j’arrêterai d’écrire des textes où j’frappe ma p’tite copine

Tous les jours mon boss menace d’me virer d’mon taf

Ma voisine me casse les couilles alors j’menace de tuer son chat

Certains disent qu’j’suis un génie, d’autres un gosse irresponsable

Moi, si j’étais toi, j’opterais pour la “réponse A”

Skread, ça fait combien d’mesures? “euh… 15!”

Cool! Cool! La seule chose que j’kiffe dans cette chanson c’est l’refrain

Quand j’étais petit j’me faisais courser du collège jusqu’à chez moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Y’avait toujours un p’tit bâtard qui voulait m’casser le bras

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Depuis j’considère qu’la Terre entière a une dette envers moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

J’ai trouvé les 7 boules de cristal: priez pour que j’m’en serve pas

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Cherche pas, la mienne est plus grosse que la tienne!

J’parle de la chienne que j’ai fait aboyer la veille

J’me rappelle plus d’sa tête, j’sais juste qu’elle était dégueulasse

J’ai mal au dos, j’ai dormi par terre, parce qu’elle prenait deux places

J’suis veilleur de nuit, slash, baiseur de truie

J’sais pas qui c’est ton rappeur préféré mais sache que j’suis meilleur que lui

Avec un SMIC, les putes sont hors de prix

Alors j’me saoule à l’alcool de riz et j’saute ta poule en Fosburry

La force de Wolverine, le flow d’Aquaman

J’veux mourir à 33 ans, comme Jésus, Bruce Lee et Balavoine

J’déteste aller à Paname rapper, j’ai du mal à gérer le stress

En plus j’suis nul à chier à PES

Quand j’étais petit j’me faisais courser du collège jusqu’à chez moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Y’avait toujours un p’tit bâtard qui voulait m’casser le bras

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Depuis j’considère qu’la Terre entière a une dette envers moi

Courez courez, vous m’attraperez pas!

J’ai trouvé les 7 boules de cristal: priez pour que j’m’en serve pas

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Courez courez, vous m’attraperez pas!

Orelsan Rap De Résurrection

[Orelsan:]

Yeah, j’aime quand y’a des putains d’chattes dans l’club, qu’elles soient blacks, blanches, beures

Whisky-Coca dans l’sang, et j’baise tout c’qui possède un battement d’cœur

Battle, quand il en reste un seul appelle-moi “Highlander”

C’est Bruce Harper face à Mark Landers

Obsédé, habitué aux coups de CP depuis qu’j’suis au CP

T’as pas une tête vénère, c’est ta do-rag qu’est beaucoup trop serrée

Donc arrête ton char, tu rappes trop mal et t’as pris la grosse tête

T’aurais du faire du son au lieu d’faire les cros-ma sur ta pochette

On sort de l’ombre, cartonne avec des tonnes de on-s’

J’viens tout péter dans les bacs, j’crois qu’j’vais sortir mon album le 11

J’veux l’or, l’argent, l’bronze, j’vous laisse le quatrième

C’est pour Omar, Farouk, Guillaume et Gabriel

Prends chacun d’mes textes comme une insulte envers toute ta famille

Et dis-toi bien qu’j’pense à ta femme pendant qu’j’fourre ta gamine

J’envoie ton groupe à l’asile, j’coupe ton shit à la paraffine

Nettoie mes coups durs à la tise guéris mes bitures à l’Advil

Si un DJ nous passe pas en boîte, c’est qu’il a les deux bras dans l’plâtre

J’viens tout péter dans les bacs, regarde les CD sauter du rayon

Si une radio nous passe pas en boucle, c’est qu’la playlist part en couille

T’inquiète pas pour le futur, on assure la succession

Si la salle de concert est vide c’est qu’personne habite dans cette ville

O.R.E.L., Chil-P, Rap de Résurrection

Une meuf qui veut pas que j’la baise est lesbienne

Et si jamais t’as quelques bonnes phases qui traînent, c’est parce que c’est les miennes

J’rêve d’une pute qui pose dans maximal, qui fait du mannequinat, que j’lui fasse maxi-mal

Une cannibale qui pourrait mettre un cheval entre ses amygdales

Si tu veux t’mesurer, n’oublie pas d’apporter ta carte vitale

Si tu comptes me recruter, va falloir piocher dans ton capital

J’monte la barre à chaque freestyle pendant qu’tu bloques sous Marie-Jeanne

J’pratique la boxe de l’homme-saoûl comme Jackie Chan

J’te casse le bras en match amical, en renégat

Capable de jouer la finale ou d’finir relégable

Un œil en Sharingan, le deuxième un cyclope

Et j’viens cracher la mer d’feu sur les putes nègres comme Roi Heenok

Pas d’chance pour ceux qui veulent du sample à la Pete Rock

J’suis pas hip-hop, j’attends l’coup d’feu qui m’fera sortir des starting-blocks

J’attends l’coup d’feu qui m’enverra dans un sac Ziploc

J’avance coûte que coûte quitte à goumer les pétasses qui m’bloquent

Un peu d’Vodka-Smirnoff et j’crache dans McIntosh

J’viens tout péter dans les bacs, bientôt dans les Fnac à prix choc

Si un DJ nous passe pas en boîte, c’est qu’il a les deux bras dans l’plâtre

J’viens tout péter dans les bacs, regarde les CD sauter du rayon

Si une radio nous passe pas en boucle, c’est qu’la playlist part en couille

T’inquiète pas pour le futur, on assure la succession

Si la salle de concert est vide c’est qu’personne habite dans cette ville

O.R.E.L., Chil-P, Rap de Résurrection

Une meuf qui veut pas que j’la baise est lesbienne

Et si jamais t’as quelques bonnes phases qui traînent, c’est parce que c’est les miennes

[Chil-P:]

Même sans tes putains d’assises, le son plaidera coupable, restera assis

Du lundi au jeudi, pour moi le rap est un jeu dit

Man, ne cherche pas d’où provient l’éclat d’mes lyrics illégales

Crie “Yeah !” man et lève les poings d’ton fils et celui d’ta femme

Mais où est l’drame ? Assassine avec un micro

Joue pas l’chaud ça va finir avec des garrots, des blessés

M.C. il faut que ça saigne on donne dans l’excès

Et si j’t’assassine ta mort sera brève, mon son t’l’enseigne

Quand j’tire tout l’monde court, mes lyrics sont des douilles

Fais pas l’bonhomme alors que quand t’écoutes mon son je sais qu’tu mouilles

Si t’es serein, fais le savoir, c’est que mon son fait jouir ta sœur hein !

Skread à la prod’, on marche en soum-soum tout comme l’escouade

Moi je veux que ca Jump Op, si j’suis hardcore ca reste du Hip-Hop

C’est pas la peine d’me pépon mes lyrics sont des douilles d’un pepom

Trop lourd est mon son et en 2-4-6 négro t’en peux plus

Mon rap représente Épinay-sur-Seine, et même un peu plus

Orelsan Elle Viendra Quand Même

La mort s’en bat les couilles de ta vie

Si t’as pas fait ton sac, elle viendra t’chercher quand même

J’voudrais croire aux miracles, aux tours de magie

Mais c’est qu’un peu d’trucage, et beaucoup d’mise en scène

La mort s’en bat les couilles de ta vie…

La mort s’en bat les couilles de ta vie…

Souvent la froideur d’la vérité vient m’embrasser

Rien n’a d’sens on peut qu’regarder l’temps passer

Y’a pas longtemps, j’m’imaginais même pas vraiment clamser

Mais plus le sablier s’écoule, et moins ça m’semble abstrait

Angoissé, en pleine nuit le sang glacé

Le plus dur c’est pas l’cauchemar, c’est l’instant d’après

C’est l’instant d’clarté

Où j’suis persuadé qu’y’a plus rien qu’un grand vide quand elle vient t’embarquer

Les gens à fond dans l’train-train quotidien

Leur fin, comment ça s’fait qu’ils l’acceptent aussi bien ?

Tout paraît absurde, presque ironique

Vivre d’une manière carrée, comme si mourir était la suite logique

Elle me hante à en devenir gothique

J’lis des chroniques scientifiques, voir l’avancée des corps bioniques

Le Big-Bang, l’évolution, les hommes préhistoriques

Face au mystique, l’ésotérique, les délires cosmiques

Choisis ta voie : entre Kurt Cobain et Buddha

Deux façons d’atteindre le Nirvana

Chaque fois que j’regarde les étoiles, j’pense : “T’emballe pas

C’est qu’du gaz, autant faire un vœu devant ton écran plasma”

Et j’y pense la plupart du temps, p’t-être parce que j’fume depuis quinze ans

P’t-être parce que j’crache du sang

Impuissant, si Dieu n’existe pas j’brasse du vent

Si Dieu existe, j’trouve pas ça vraiment plus rassurant

C’est marqué noir sur blanc

Au grand tournoi du Paradis on ira sûrement, même pas sur l’banc

J’ai du mal à croire la Bible, même si j’aime ses enseignements

La mort c’est la finale, le sommeil c’est l’entraînement

J’ai peur de la Faucheuse, du Roi des Ombres

Peur de la trotteuse, d’la vitesse à laquelle passent les secondes

Avant d’partir, on m’demandera des comptes, j’prépare la réponse

J’répare mes tuiles avant qu’le toit n’s’effondre

Plus j’approche du bonheur, plus j’ai peur qu’elle vienne

Comme si j’avais peur d’être aveugle après qu’le Soleil s’éteigne

Est-ce que mes croyances et mes pensées sont les miennes ?

Ou j’reste influencé par 2.000 ans d’éducation chrétienne ?

Trop d’égo pour croire que la Terre tourne sans ma présence

Mais j’me rappelle que j’me rappelle pas d’avant ma naissance

J’crois au sixième sens, aux visions sous psychotropes

J’crois qu’ton cerveau déraille quand tu stresses ou qu’t’as pris trop d’drogue

J’crois qu’en la vérité des microscopes

Celle qui dit qu’tout est fini quand y’a plus d’montagnes sur l’oscilloscope

J’aimerais avoir l’espoir de croire au surnaturel

Avoir le confort de m’en remettre à la grâce du Ciel

Mon grand-père a d’l’humidité sur chaque prunelle

Parce qu’il connaît la cruauté d’faire partie d’la race humaine

Y’aura pas d’tunnel, pas d’lumière, pas d’rivière, pas d’ange après qu’elle t’emmène

Et pourtant elle viendra quand-même

Orelsan Raelsan

Lève ton verre

Lève ton verre

Lève ton verre…

Santé!

J’porte un toast à la mort de l’industrie

Sortez les 8-6: on vient fêter la fin du disque

Écouter la radio c’est devenu un supplice

Sauf que j’aime pas non plus les putains d’puristes

Musique rétro-futuriste

La bande originale des aventures d’Ulysse

J’habiterais dans les abysses, j’aurais pas plus de pression

Tout c’que j’veux: foutre le feu dans ma ville #Néron

Donner mon corps à la science inclut la dissection

Des jours entiers j’récite mes leçons, tourmenté dans une pluie d’questions

Rien qu’en un an, ça m’a soûlé, j’voulais tout plaquer, quitter l’son

J’ai presque abandonné sans faire ma deuxième livraison

Han, mais bordel: j’ai fait l’plus dur

Autant tenter un salto avant d’échouer au pied du mur

J’suis d’retour avec ma sous-culture, ouais

Sauf que c’est nous l’futur, hein: c’est nous l’futur!

J’viens retourner l’Opinel entre les points d’suture

Ils ont la censure, plus tard on aura l’usure

Plus tard on ira danser sur leur sépulture

Le chant des succubes, au bord de la luxure

Sans possession, les sentiments sont plus purs

Voilà pourquoi j’écris des chansons d’rupture

J’essaie d’prendre du recul, j’essaie d’avancer

Les gens murmurent, j’ai du mal à m’entendre penser

Fils d’extraterrestre, Étoile céleste

J’viens pour féconder une femelle de chaque espèce

J’apprends à contrôler mes sales réflexes

J’me fais jouir avant d’écrire, j’en ai marre de parler d’sexe

J’sais qu’ta p’tite copine aime pas mes textes, mais

Si j’écoutais toutes les juments, j’ferais du rap équestre, et

Ça m’énerve pas, j’respecte, j’fais

Comme Rocky dans la réserve: j’m’en bats les steaks

J’aimerais faire partie des optimistes

J’aimerais apporter une sorte de message positif

Comme l’héroïne dans un test d’urine

Positif… Comme le dépistage de Freddie Mercury

J’reviens faire du bruit, j’ai l’son qui frappe

Skread m’a ordonné d’enfoncer l’clou, comme Ponce Pilate

Comme d’hab’, Ablaye et Gringe font les backs

On est quatre, les Cavaliers d’l’Apocalypse: on débarque!

En l’An de Grâce “MJ + 1”

La moitié d’ma jeunesse est morte le 25 juin

J’continue d’faire du chemin pour devenir moi-même

Dans l’amour, dans la haine, dans la moyenne

J’resterai pas bloqué dans une parodie d’succès

Dans une version d’Entourage à p’tit budget

J’ferai que c’qu’il m’plaît jusqu’à ma dernière quête

Jusqu’à retourner dans l’hôtellerie, plier des serviettes

La peur n’existe plus dans mon Dojo, hé hé

J’ai retrouvé mon Mojo *Lady!*

Dites à la ménagère qu’on a ressuscité Cloclo

Dites aux connards d’intermittents d’allumer les projos

Appelez les Pow-Wow, on va déterrer la hache de guerre

Ramener la concurrence à l’Âge de Pierre

Si t’as la fureur de vaincre, moi j’ai la rage de perdre

J’prends même plus la peine de répondre à vos clashs de merde

J’prêterai ni mon buzz, ni mon temps

J’verserai ni ma sueur, ni mon sang

Tu parles de moi pour rien dans tes titres

Tu ferais même pas d’buzz avec un album antisémite

Merci quand même pour le coup d’pub!

Merci les Chiennes de Garde pour le coup de pute!

Merci à tous ceux qui m’ont soutenu

J’oublie trop souvent d’remercier les gens qui m’ont soutenu…

Faut qu’on s’offre une nouvelle vie, faut qu’on s’ouvre l’esprit

Faut qu’les pantins coupent les fils

Prends la route et fuis, j’ai une soucoupe en double file

J’te ramène avec oim’, Raelsan!

Orelsan Défaite De Famille

– Eh l’rappeur de la famille, il nous f’rait-ti pas un p’tit rap?

– Allez, une chanson!

– Aurélien, une chanson! Aurélien, une chanson! Aurélien, une chanson!

– Ok

Puisqu’on est tous réunis ici, pour chanter “Les démons de minuit”

Manger d’la mousse de canard sur des blinis, danser sous les stroboscopes de Gifi

J’ai préparé un p’tit speech, parce que j’dois vous avouer un p’tit détail de ma vie

J’déteste les fêtes de famille, wooh

Déjà, les soirées où j’suis sûr de pas baiser, j’en ai trop fait au lycée

J’ai d’jà envisagé des cousines, quitte à risquer l’triso

Mais quand j’vois la gueule de Delphine, qui sert à rien, à part se plaindre

J’comprends pourquoi son mec bourré préfère danser avec le chien

Si j’ai plus d’trente ans et j’suis toujours assis à la table des enfants

C’est pour leur dire de s’méfier d’Christian quand il a d’l’alcool dans l’sang

Et parce que j’en peux plus d’entendre les blagues de cul des parents

J’crois qu’papa baiserait maman sur la table si vous trouviez ça marrant

Vincent, t’as l’même âge que moi, pourquoi t’es quand même plus vieux?

Si vous n’avez pas peur du vide, regardez Murielle dans les yeux

Pardon, mais j’ai passé l’après-midi à gonfler des ballons

Dans une ambiance d’installation militaire imposée par le daron

Pendant qu’mon beau-frère récitait des clichés politiques avec passion

Me regardait porter des cartons en tripotant ma frangine toutes les trois secondes

Y’a pile le nombre de gobelets par personne, faut écrire vos noms

Parce que tata est l’genre de crevarde qui lave les assiettes en carton

Tonton, si tu continues d’faire: “Yo, yo” avec les doigts

Chaque fois qu’tu passes à coté d’moi, tu les utiliseras pour la dernière fois

J’t’en veux toujours pour quand j’étais p’tit et tu m’as secoué comme une pute

Si tu tenais à tes rétros, pourquoi tu t’es garé derrière le but?

En parlant d’pute, j’aimerais accueillir la nouvelle femme de Bruno

Si Caro m’écoute plus, c’est qu’elle met au point son prochain ragot

Pardonnez-la, elle s’rait pas comme ça si son mari la trompait pas

Ou p’t-être qu’il la trompe parce qu’elle est comme ça, mmh… j’sais pas

Message à tous mes lointains cousins: v’nez on arrête de faire copain-copain

Parce qu’un ancêtre, on sait pas qui c’est, est la seule chose qu’on a en commun

Un putain d’ancêtre qui devait brûler des villages et piller des baraques

À peu près à la même époque où papy baisait Jeanne d’Arc

D’ailleurs, papy, raconte-nous la fois où t’avais neuf ans et t’as tué Hitler

T’as jamais été un héros, t’étais même pas un bon mytho

Mon héros, c’était toi, Nico, mais depuis qu’tu t’es mis avec l’autre conne un peu bonne

T’es juste un vrai beauf comme les autres

Merci Arnaud d’être venu t’prendre en photo pour alimenter tes réseaux sociaux

Profiter d’être avec quelques prolos pour pouvoir encore plus jouer les bobo

Paulo, si tu veux m’impressionner, c’est pas en roulant des joints compliqués

En utilisant beaucoup trop “wesh” pour un blondinet

Vu qu’ton père a un problème avec les Arabes, c’est une très belle ironie

Au passage, il a moins d’chance de mourir du terrorisme que d’l’alcoolisme

J’espère que tatie va bien attacher les mômes

Parce que son mari va rentrer au radar comme s’il avait une voiture autonome

J’avais plus de choses à vous dire, mais quand j’vois vos gueules d’enculés bouffies

J’arrive qu’à m’demander si y’a assez d’porcs sur Terre pour vous nourrir

J’aimerais finir en disant qu’peu importe les sourires, la fête au village

Il a suffit d’un p’tit héritage pour qu’on voie vos vrais visages

Mamie, je t’aime, à l’année prochaine

Orelsan Quand Est-Ce Que Ça S’arrête

J’croyais qu’en étant connu, ça résoudrait tous mes problèmes

Fini d’taffer comme un connard et pas pouvoir s’payer un grec

Fini, les bâtards qui me snobbent, les numéros d’meufs avec un mauvais chiffre

Fini, mes parents qui s’demandent comment ils ont raté un fils

Sauf que, maintenant, y’a plus rien d’excitant

J’baise toujours la même meuf depuis six ans

Pas besoin d’nouveaux potes, j’vois d’jà pas les miens

Dans mon répertoire, y’a trente-quatre “Julien”

Tu m’trouves marrant, dommage, j’en fais pas exprès

J’suis mal à l’aise dans leurs émissions télé

J’me fais siffler comme un iench’ ou une meuf bonne

Trop d’merdes à gérer pour écrire l’album

T’aimais mieux quand j’étais moins connu

Sauf que tu m’connaissais pas non plus

J’croyais qu’c’était cool d’être célèbre

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

J’croyais qu’en étant fidèle, ça résoudrait tous mes problèmes

Fini, les remords après la baise et le temps perdu sur le net

Si j’avais Tinder, j’aurais l’das’, fini, les techniques de drague de merde

Fini, les connasses qui t’allument et qui sucent du bout des lèvres

Mais si tu savais comment j’m’ennuie maintenant

Dire que, tous les ans, des meufs ont vingt ans

Quand j’vois mes potes, j’sais plus quoi raconter

J’vais plus en soirée car j’ai peur de craquer

J’ai maté trop d’films de boule, ça m’fait plus rien

Ma meuf est cool mais c’est pas pareil, putain

Les mannequins des magasins d’lingerie m’excitent

J’ose plus voir ma bite, ça m’rend nostalgique

Prévenez tous les couples de lesbiennes

J’sais pas quoi faire de tout ce sperme

J’pensais changer quand j’serai honnête

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Quand est-ce que ça s’arrête?

Orelsan Étoiles Invisibles

Y’a plus personne dans l’cockpit

J’fais des plans sur la météorite, m’invente une dignité dans les égotrips

Mon album, c’est les chroniques d’un névrotique

Ma musique électronique, c’est la rhétorique de mes nerfs optiques

J’crois qu’le bonheur c’est d’être autiste, j’ai des pensées morbides

J’ai pas besoin d’un docteur, j’ai besoin d’un exorciste

On s’envoie dans l’espace, la tête sur orbite

Mais dès les premiers spasmes, la descente c’est du hors-piste

J’déteste être a court de tise : passe-moi la bouteille

J’traîne la nuit, mène une double vie à la Bruce Wayne

J’suis juste une Tour de Pise que mes potes soutiennent

J’écris les jours de pluie, aigri, m’interroge où l’époque nous mène

Les majors sortent des albums comme j’sors ma poubelle

C’est porte ouverte à n’importe qui peut chanter la bouche pleine

Tu devrais monter sur scène avec un néon rose

C’est la seule chose qui manque à ton label pour être une maison close

J’passe des nuits, nuits, nuits, à rien faire, j’regarde le temps défiler

Pendant qu’la pluie, pluie, pluie, pluie frappe à la fenêtre, j’attends qu’le jour se lève

Seul, seul, seul, seul face à moi-même, fa-fa-face à moi-même

Seul seul seul seul, face à moi-même, j’attends qu’le jour se lève

C’est pas en insultant les meufs dans mes refrains qu’j’deviendrai quelqu’un, mais j’aime bien

Donc lève le majeur ou lève les mains

Ça devient de plus en plus dur de rester sain

Alors on cherche à jouir de la vie à s’en péter le frein

Pantin, smicard nocturne à temps-plein

J’réflechis à des trucs bizarres, j’me fais des histoires sans fin

Seul, face à l’homme dans l’miroir, j’attends l’train

J’vis tard, j’kiffe boire comme si y’avait pas d’lendemain

J’m’implique dans rien, j’suis venu sur Terre pour voir

J’ferai peut-être le bien quand j’aurai des super-pouvoirs

Si t’es prêt à faire n’importe quoi pour accomplir tes rêves de gloire

Tu seras jamais une graine de star, juste une bête de foire

J’veux qu’mes propos transforment l’agneau en bête sanguinaire

Parce que leur système forme des robots qui gambergent en binaire

Mon but c’est pas une pute, la tête et les seins remplis d’air

Peu importe la saison, j’reste un singe en hiver

J’passe des nuits, nuits, nuits, à rien faire, j’regarde le temps défiler

Pendant qu’la pluie, pluie, pluie, pluie frappe à la fenêtre, j’attends qu’le jour se lève

Seul, seul, seul, seul face à moi-même, fa-fa-face à moi-même

Seul seul seul seul, face à moi-même, j’attends qu’le jour se lève

Et il pleut tout l’temps dans cette ville de merde

La nuit j’écris mes prises de tête, mes crises de nerfs sur des beats de Skread

Rappeur à la p’tite semaine, la vie qu’je mène

Y’a marqué “On t’la met profond” entre les lignes de ma fiche de paye

Fort en théorie, nul en pratique

On cherche à vivre des trucs fantastiques mais on fait qu’des conneries

J’ai tout l’temps la gueule dans mes ordis, j’ai

Plus envie d’sortir, d’m’éclater, j’voudrais dormir des années

J’suis décalé

J’me lève quand la nuit tombe, à côté d’mes pompes, j’regarde le monde se dégrader

Noyé dans la pénombre, j’compte les secondes

J’voudrais déployer mes ailes, pouvoir rejoindre le ciel étoilé

Formaté par l’habitude, j’m’enferme dans ma p’tite bulle

J’titube, éclairé par la demi-lune

Épaulé par mes étoiles invisibles, “Septième Magnitude”

Certains rêvent de signer en major, pendant qu’on en fabrique une

J’passe des nuits, nuits, nuits, à rien faire, j’regarde le temps défiler

Pendant qu’la pluie, pluie, pluie, pluie frappe à la fenêtre, j’attends qu’le jour se lève

Seul, seul, seul, seul face à moi-même, fa-fa-face à moi-même

Seul seul seul seul, face à moi-même, j’attends qu’le jour se lève

J’attends qu’le jour se lève

J’attends qu’le jour se lève

Orelsan Basique

Ok, j’vais sortir un nouvel album mais, avant, faut qu’on revoie les bases. J’vais faire une vidéo simple où j’vais dire des trucs simples parce que vous êtes trop cons. Simple, basique, ok

Les gens les plus intelligents sont pas toujours ceux qui parlent le mieux (simple)

Les hommes politiques doivent mentir sinon tu voterais pas pour eux (basique)

Si tu dis souvent qu’t’as pas d’problème avec l’alcool, c’est qu’t’en as un (simple)

Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien (basique)

Les mecs du FN ont la même tête que les méchants dans les films (simple)

Entre avoir des principes et être un sale con, la ligne est très fine (basique)

Hugo Boss habillait les nazis, le style a son importance (simple)

Les dauphins sont des violeurs, ouais, méfie-toi des apparences (basique)

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Vous n’avez pas les bases, vous n’avez pas les bases

Vous n’avez pas les bases, vous n’avez pas les bases

Si c’est marqué sur internet, c’est p’t-être faux mais c’est p’t-être vrai (simple)

Illuminatis ou pas, qu’est-ce que ça change ? Tu t’fais baiser (basique)

À l’étranger, t’es un étranger, ça sert à rien d’être raciste (simple)

Les mecs les plus fous sont souvent les mecs les plus tristes (basique)

Cent personnes possèdent la moitié des richesses du globe (simple)

Tu s’ras toujours à un ou deux numéros d’avoir le quinté dans l’ordre (basique)

Si t’es souvent seul avec tes problèmes, c’est parce que, souvent, l’problème, c’est toi (simple)

Toutes les générations disent que celle d’après fait n’importe quoi (cliché)

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Vous n’avez pas les bases

Vous n’avez pas les bases

Vous n’avez pas les bases

Vous n’avez pas les bases

Basique, simple, vous n’avez pas les bases

Basique, simple, vous n’avez pas les bases

Basique, simple, vous n’avez pas les bases

Basique, simple, vous n’avez pas les bases

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, basique

Basique, simple, simple, vous n’avez pas les bases

Orelsan La Peur De L’échec

J’ai peur de jamais finir mon album, j’ai plus d’inspi’

De toute façon j’ai plus envie de devenir chanteur, j’ai plus quinze piges…

Quand je regarde mes clips j’trouve que j’fais pitié

C’que j’raconte dans mes chansons c’est des clichés, c’est pas la vérité

La célébrité m’fait peur

J’ai peur d’me griller les ailes à vouloir briller sous les projecteurs

Au fond, j’m’en bats pas les couilles de c’que disent les gens

J’me perds entre ce qu’ils attendent de moi et c’que j’suis vraiment

Tous les jours j’fais l’acteur… J’fais semblant

J’maquille la peur en plaisantant

J’perds mon temps à m’poser des questions au lieu d’agir

J’ai peur de la dépression, j’ai peur de l’avenir et ses déceptions

Plus j’grandis, plus le temps passe et plus j’suis déçu

Sous l’emprise de l’angoisse des futures blessures

Plus j’me cherche des excuses, plus je m’enlise

Je m’enivre de négativité, et j’me sens vivre

Souvent, j’ai peur de l’ennui, j’ai peur d’avoir aucune raison d’me plaindre

Pourtant j’me sens triste tout le temps, j’me sens vide

J’ai peur d’être normal, d’être moyen, ni trop mal ni trop bien

J’crois que j’sers à rien…

J’ai peur de mes proches parce qu’ils connaissent mes faiblesses

Mes talons d’Achille, ils savent à quel point mes fondations sont fragiles

Ils m’font confiance pour l’instant

Mais quand je les décevrai, ils seront près de moi, prêt à frapper les Premiers

J’ai peur que mes parents m’détestent, depuis que j’ai treize ans j’régresse

J’les blesse, j’les stresse

J’délaisse c’qu’ils m’ont appris pour faire que d’la merde

Comme si j’valais mieux qu’mon père, comme si j’valais mieux qu’ma mère

Eux, croient qu’ils m’aiment, moi, j’crois qu’ils se voilent la face

J’crois qu’ils aiment celui qu’ils rêvent de voir à ma place

Parce qu’ils n’savent pas ce qu’il se passe derrière le masque

Ce qui se cache derrière l’image, parce qu’ils n’connaissent pas mon vrai visage

Quand j’dis que j’déteste les filles, j’me donne du crédit

J’me suis jamais vraiment investi, j’ai fui

J’ai triché sur mes sentiments en croyant rester vrai

J’ai esquivé l’amour par peur de m’faire baiser

Par lâcheté, j’croyais que plus je m’attachais moins ça marchait

J’ai trahi, j’ai sali, j’ai haï, j’ai banni

Qu’est-ce que j’ai acquis à part des remords et des maladies?

Rien, à part la peur de rester seul toute ma vie

J’crois un peu en Dieu, mais pas vraiment

J’irai avec les mécréants quand j’partirai les pieds devant

J’ai peur d’être attiré par le néant

J’me sens tellement bien dans la noirceur, j’me sens dans mon élément

J’ai comme envie d’sauter dans le vide, d’me passer la corde au cou, d’me noyer

De m’entailler les veines du coude au poignet

J’ai comme envie d’me mettre une balle dans l’crâne mais j’ai pas d’flingue…

Regarde moi dans les yeux, tu comprendras que j’suis qu’une baltringue

J’ai peur de perdre

J’ai peur de l’échec

J’ai peur de perdre

J’ai peur de l’échec, peur de l’échec…

J’ai peur de perdre, j’ai peur

J’ai peur de l’échec, peur de l’échec…

J’ai peur de perdre, j’ai peur

J’ai peur de l’échec, peur de l’échec…

J’ai peur d’affronter les épreuves de la vie

J’ai peur de mes erreurs, j’ai peur de l’avenir

J’ai peur d’affronter les épreuves de la vie

J’ai peur de mes erreurs, j’ai peur de l’avenir